En période de canicule, l’organisme active plusieurs mécanismes pour éviter la surchauffe : transpiration, dilatation des vaisseaux sanguins et régulation de l’équilibre hydrique. Certains médicaments peuvent perturber ces mécanismes et augmenter le risque de déshydratation, d’hypotension ou de coup de chaleur. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) recense plusieurs dizaines de substances susceptibles de diminuer la capacité du corps à s’adapter aux vagues de chaleur.
Diurétiques et traitements cardiovasculaires : un risque accru de déshydratation
Les diurétiques figurent parmi les médicaments nécessitant une attention particulière lors des fortes chaleurs. En augmentant l’élimination de l’eau par les reins, ils peuvent accentuer la déshydratation lorsque la transpiration est importante. D’autres traitements contre l’hypertension artérielle, comme les inhibiteurs de l’enzyme de conversion, peuvent également favoriser une baisse excessive de la tension artérielle et augmenter le risque d’insuffisance rénale en cas de déshydratation.

Inédit : une étude révèle ce que la chaleur fait à notre cerveau dès des températures « normales »
En Europe, la chaleur n’a jamais posé problème. Mais avec le réchauffement climatique, nous avons découvert qu’elle peut tuer. Même en France. Alors les scientifiques ont commencé à étudier plus largement ses effets sur les humains. Christian Clot, le président du Human Adaptation Institute, nous présente aujourd’hui les résultats d’une enquête inédite à ce sujet. Préparez-vous à quelques surprises…… Lire la suite
Une étude publiée en 2025 dans EBioMedicine a d’ailleurs observé une augmentation du risque de décès liés à la chaleur chez les personnes prenant notamment des diurétiques et des bêtabloquants lors d’un épisode de chaleur extrême au Canada.
Si vous êtes traité pour l’hypertension, il peut être utile de contrôler votre tension plus régulièrement pendant un épisode caniculaire, surtout en cas de fatigue inhabituelle, de vertiges ou de sensation de malaise.
Antidépresseurs, neuroleptiques et antihistaminiques peuvent perturber la thermorégulation
D’autres médicaments agissent directement sur les mécanismes de refroidissement du corps. C’est le cas de certains antidépresseurs, neuroleptiques ou antihistaminiques sédatifs comme la diphénhydramine.

Quels sont les meilleurs antidépresseurs naturels ?
Certaines substances d’origine naturelle, comme les acides gras oméga-3, le safran ou encore la S-adénosyl-méthionine, ont fait l’objet d’études cliniques pour leurs effets sur les symptômes dépressifs. Les données scientifiques les plus récentes confirment leur intérêt potentiel, mais soulignent aussi la variabilité de leurs résultats selon la qualité méthodologique des essais…. Lire la suite
Ces traitements peuvent réduire la transpiration, modifier la perception de la chaleur ou de la soif et altérer les capacités d’adaptation comportementale. Résultat : la personne ne perçoit pas toujours qu’elle se déshydrate ou que sa température corporelle augmente dangereusement.
Cette préoccupation est soutenue par une méta-analyse publiée en 2024 dans EClinicalMedicine, qui conclut que les médicaments à fort effet anticholinergique et les antiparkinsoniens, fréquemment prescrits chez les personnes âgées, comptent parmi ceux qui perturbent le plus efficacement la thermorégulation lors d’une exposition à la chaleur. Il est donc important de boire régulièrement sans attendre la sensation de soif et éviter de s’exposer aux fortes chaleurs lorsque l’on prend ce type de traitement.
Les anti-inflammatoires peuvent fragiliser les reins
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), tels que l’ibuprofène (Advil®, Nurofen®) ou le kétoprofène, sont souvent pris en automédication contre les douleurs ou les migraines. Pourtant, l’ANSM les classe parmi les médicaments susceptibles de compliquer l’adaptation à la chaleur. Chez une personne déshydratée, ils peuvent diminuer davantage la perfusion rénale et favoriser une insuffisance rénale aiguë.
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Avec certains médicaments, quelques minutes au soleil peuvent suffire à provoquer une réaction cutanée inhabituelle. Ce phénomène, appelé photosensibilisation, augmente le risque de coups de soleil et de brûlures © New Africa, Adobe Stock
Un risque méconnu : la photosensibilisation
La chaleur n’est pas le seul danger. Certains médicaments rendent également la peau beaucoup plus sensible aux rayons UV. C’est ce que l’on appelle la photosensibilisation.

Canicule : comment meurt-on de chaud ?
C’est une certitude : la canicule tue. La vague de chaleur de 2003 a causé la mort de 70.000 personnes en Europe, et plus de 2.000 morts ont été enregistrées en Inde lors de la canicule de 2010 où les températures ont dépassé les 47 °C. Mais quels sont exactement les mécanismes physiologiques à l’œuvre ? Il existerait en fait pas une, mais 27 façons de mourir de chaud !… Lire la suite
Parmi les traitements concernés figurent plusieurs antibiotiques, notamment les cyclines comme la doxycycline, certains anti-inflammatoires comme le kétoprofène en gel, l’amiodarone utilisée contre les troubles du rythme cardiaque ou encore certains traitements de l’acné. Une exposition pourtant modérée au soleil peut alors provoquer des rougeurs importantes, des cloques ou des brûlures.
Les autorités sanitaires insistent néanmoins sur un point : la chaleur ne doit pas conduire à interrompre un traitement sans avis médical. L’enjeu consiste plutôt à identifier les patients les plus à risque afin d’adapter leur suivi et de renforcer les mesures de prévention pendant les épisodes caniculaires.