On sait que l’activité physique régulière est bonne pour le corps, mais ses effets sur le mental et les émotions sont moins étudiés. Des chercheurs de l’Université fédérale de Goiás au Brésil ont mené une expérience auprès de 23 jeunes femmes et 17 jeunes hommes en bonne santé, qu’ils ont répartis en deux groupes en fonction de leur condition physique : faible (en dessous de la moyenne) ou bonne (au-dessus de la moyenne).
Des stimuli visuels pour déclencher des émotions intenses
Tous ont été conviés à deux sessions d’expérimentation de 30 minutes. Une première au cours de laquelle ils ont regardé une série de 69 images « neutres » représentant des objets du quotidien. Une seconde, 24 à 72 heures plus tard, où ils devaient regarder une autre série de 69 images, mais cette fois « désagréables » : scènes de blessure, situations menaçantes, etc.
Avant et après chaque session, les scientifiques ont évalué les niveaux de colère et d’anxiété. Au cours des sessions, la fréquence cardiaque des participants était enregistrée. Tous avaient reçu pour instruction de s’abstenir de consommer de la caféine, de l’alcool et de faire de l’exercice physique pendant les 24 heures précédant l’expérience. Ils devaient juste prendre un repas léger avant l’intervention.

Tags :
sante
Les émotions : à quoi servent-elles et quelle est leur utilité ?
Lire l’article
Un risque 9 fois moins élevé de voir son anxiété augmenter
Constat des chercheurs : il existe des différences nettes dans la manière dont les deux groupes géraient le stress généré par les images.
Si les participants des deux groupes se sont sentis globalement plus tendus après avoir regardé les images perturbantes, ceux du groupe « bonne condition physique », qui présentaient au départ des niveaux d’anxiété et de colère globalement plus faibles dans leur vie quotidienne, sont restés beaucoup plus calmes. En revanche, les participants moins entraînés présentaient un risque presque neuf fois plus élevé de voir leur niveau d’anxiété passer de modéré à élevé !

Une bonne condition physique fait la différence quand il s’agit de mieux gérer son stress. © Boggy, Fotolia
Moins anxieux, moins colériques et plus résilients
« Nos résultats indiquent que les personnes ayant une meilleure condition physique ont tendance à présenter un niveau d’anxiété plus faible et une plus grande résilience lorsqu’elles sont exposées à des stimuli émotionnellement stressants, ce qui renforce les preuves de plus en plus nombreuses selon lesquelles l’activité physique joue un rôle important dans la santé émotionnelle », expliquent les chercheurs dans leur article, dont les résultats viennent d’être publiés dans la revue Acta Psychologica.
En ce qui concerne la colère, le groupe ayant une moins bonne condition physique a montré une augmentation plus importante de la colère et un contrôle moindre de celle-ci par rapport aux personnes entraînées. En d’autres termes, moins une personne était en forme, plus elle était susceptible d’agir sous le coup de la colère lorsqu’elle était confrontée à des images stressantes. Comment expliquer ces résultats ?

Tags :
sante
Les Français ne font toujours pas assez d’activité physique, selon un rapport
Lire l’article
Les sportifs plus habitués à se discipliner
Pour les chercheurs, la réponse est à chercher du côté de la discipline inhérente à tout entraînement physique. Celle-ci, en entraînant l’esprit, contribuerait à renforcer la résilience émotionnelle. Cela signifie que les personnes en bonne forme physique pourraient être plus aptes à contrôler leur colère et leur anxiété en situation de stress.
Étant donné le nombre limité de participants et l’absence de mesures objectives du stress, d’autres études de plus grande ampleur devront bien sûr être menées pour confirmer ces résultats préliminaires. En attendant si vous êtes de nature colérique ou anxieuse, rien ne vous empêche de vous mettre au sport, votre corps a tout à y gagner !