Parlons cash. Les députés Jérémie Patrier-Leitus, le président commission d’enquête sur l’audiovisuel public et Charles Alloncle, le rapporteur de la commission, se sont livrés, mercredi, à une passe d’armes autour du montant des contrats passés entre France Télévisions et le Festival de Cannes.

« 1.500 euros de maquillage »

Charles Alloncle, député UDR et rapporteur de la commission d’enquête sur la neutralité de l’audiovisuel public, qui n’a pu obtenir des informations précises sur les salaires des principales personnalités médiatiques passées par cette commission d’enquête, s’est livré à des révélations à base de chiffres. « Ce contrat [entre France TV et le Festival de Cannes] s’élève à 2,6 millions » d’euros, a-t-il indiqué, en distinguant une tranche portant sur la production de contenu télévisé sur place, d’un montant de « 1,3 million d’euros en moyenne, en comptant les 150.000 € de décors et d’habillage » et une autre tranche concernant la production de la cérémonie d’ouverture et la conférence de presse de l’événement, « qui a coûté 1,3 million d’euros, ce qui est une somme conséquente pour seulement quelques heures de direct… », a-t-il déclaré, avant de dévoiler des montants autour de la prestation de la comédienne Virginie Efira, maîtresse de cérémonie en 2022.

« Sa prestation a coûté 60.000 € pour la seule cérémonie d’ouverture, l’équivalent de trois smic annuels pour seulement quelques heures de mission, a-t-il fait remarquer. Pourtant, ce n’est pas elle qui a écrit les textes puisque vous les avez commandés pour 30.000 € supplémentaires. » Le député ciottiste va plus loin, et donne les moments de factures personnelles de l’actrice durant cette séquence, soit « 1.500 € de maquillage », « 1.500 € de coiffure » et « 300 € de manucure ».

« Vraiment justifiés ? »

« Est-ce que ces montants-là, plus de deux millions d’euros qui peuvent paraître superflus pour le contribuable, vous semblent vraiment justifiés ? », questionne le rapporteur, après avoir rappelé la « situation financière critique que traverse France Télévisions ».

« Je pense qu’il y a, Monsieur le rapporteur, un équilibre à trouver entre la transparence que l’on doit aux Français […] et la responsabilité que vous avez de respecter le secret des affaires, car le milieu audiovisuel évolue dans un milieu concurrentiel avec des acteurs publics et privés », lui a répondu Jérémie Patrier-Leitus. En poursuivant que « révéler comme ça un contrat qui s’inscrit dans le cadre du secret des affaires m’apparaît contraire au respect… ». « Il est payé par l’argent public, l’a alors coupé Charles Alloncle. Une information comme celle-ci ne concerne personne directement […] et ne trahit en rien le secret des affaires. »