
Les urgences du site Kennedy se réorganisent pour accueillir les patients « résiduels » de Constantinople. ©E. Brl.
Le déséquilibre est en effet manifeste. Les urgences de Kennedy enregistrent près de 60 000 passages par an, soit environ 160 patients par jour. À Constantinople, ils ne sont plus que 12 000, soit une trentaine de passages quotidiens. « Il y a deux ans, nous étions encore à 20 000 contacts mais cette baisse de fréquentation s’est accentuée ces dernières années, les patients se dirigeant de plus en plus vers l’hôpital le plus adapté à la prise en charge des soins aigus. » Ce changement se justifie également par la nécessité de pouvoir disposer d’autant de ressources que nécessaires.
« Nous faisons face à une pénurie de médecins, notamment des urgentistes. L’objectif de la réforme est aussi de pouvoir être plus efficient en regroupant les médecins là où sont les besoins », poursuit Didier Chamart. Une trentaine de médecins exerceront désormais sur les sites de Kennedy et de Warquignies. Une soixantaine d’infirmières sont également concernées par cette réorganisation, qui se déroulera en deux phases.
La première entrera en vigueur au 1er juillet. « L’enjeu majeur est d’absorber le flux supplémentaire de patients tout en garantissant leur sécurité. Cela passera notamment par un tri infirmier réalisé 24 heures sur 24, permettant de catégoriser les patients selon le degré d’urgence et d’accélérer leur prise en charge. » Les patients ambulatoires, qui requièrent des soins mais peuvent patienter, seront orientés vers une filière courte. Les cas les plus critiques rejoindront, eux, la « salle fauteuil » afin d’être placés sous surveillance, ou les salles de déchocage lorsque le pronostic vital est engagé.

Une 4e salle de déchocage sera aménagée. ©E. Brl.
Pour ce faire, des travaux sont en cours afin d’aménager les espaces. « Une quatrième salle de déchocage sera ainsi mise en service dans les prochains jours. Des locaux supplémentaires ont également été récupérés pour les patients couchés, à la faveur du déménagement des urgences pédiatriques. » La seconde phase du projet débouchera sur la construction d’un nouveau bâtiment au-dessus des urgences.
600 m² supplémentaires
Cette nouvelle structure de près de 600 m² accueillera la filière courte. « Les patients ambulants s’y sentiront mieux car l’espace sera plus ouvert, avec des fenêtres notamment, et la communication sera renforcée pour ne pas les laisser attendre sans nouvelles, alors que les patients dits couchés seront pris en charge un étage plus bas. » Cette nouvelle structure « légère » sera construite et mise en service début 2027. « Décision a été prise de ne pas attendre que les travaux de cette extension soient terminés avant de fermer les urgences de Constantinople parce que la pénurie devient critique et qu’il était indispensable de rassembler les ressources sur le site de Kennedy. »
La fermeture des urgences ne signe toutefois pas la fin de l’activité hospitalière à Constantinople. Le site est appelé à se recentrer sur les soins ambulatoires et continuera d’accueillir de nombreux services, certains ayant même quitté Kennedy pour y poursuivre leur développement.