Qui organise ?

L’Art à l’Ouest, l’association qui avait créé le Voyage ordinaire en 2017. À la suite de cette exposition de photos, la Ville nous a demandé d’organiser un parcours photo. Dominique Gellé, président, a fondé et dirigé une agence de communication graphique à Nantes. Une fois retraité, il s’est lancé dans l’aventure de l’expo de photos avec Jérôme Blin, photographe, Agnès Robin, graphiste, Jean-Luc Guérin pour la recherche de mécénat privé et depuis peu, Patricia Morvan, ancienne directrice adjointe de la prestigieuse agence VU. C’est elle qui succédera à Dominique Gellé en 2027.

Celui qui tire le trait d’union entre Saint-Nazaire et Valparaiso, Rodrigo Gomez Rovira. À découvrir à la galerie Ar Men Du. | RODRIGO GOMEZ ROVIRA
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Celui qui tire le trait d’union entre Saint-Nazaire et Valparaiso, Rodrigo Gomez Rovira. À découvrir à la galerie Ar Men Du. | RODRIGO GOMEZ ROVIRA

Cargo, pourquoi ce nom ?

Pour l’identité maritime de Saint-Nazaire, ses paquebots et ses navires. Mais aussi pour le Cargo culte et ses chimères, explique Dominique Gellé. Il renvoie aux rites des aborigènes de Mélanésie, qui imitaient les opérateurs de radio américains et japonais lorsqu’ils passaient commande de ravitaillement, par cargo. Les Mélanésiens pensaient obtenir ainsi un même approvisionnement.

« À la plage », pourquoi ce thème ?

Dans ce monde turbulent, on a voulu la plage, mais pour son aspect social. Comme pour chaque édition, chacun cherche des photographes, des images et les soumet aux autres. Au final, le choix est collégial. Tous à la plage désigne la collecte de photos, fournies par les habitants de l’agglomération nazairienne, par le club photo de l’Université inter-âges et Objectif image, un autre club. Quelques clichés fournis par les archives de la ville et du département complètent la sélection. Soit 110 donateurs, 500 photos qu’Agnès Robin a regardées et sélectionnées par une relecture d’histoires pour en retenir 90. Des années 40 aux selfies d’ados, elles sont exposées dans le jardin de Sautron, face au front de mer. Nous avons aussi construit des albums photo géants, comme des carnets de tapisseries. Des clichés figureront à la gare SNCF et sur des aubettes, aux arrêts Boris-Vian, Parc paysager, Cité scolaire et Chesnaie.

Rimini, Italie, 1995. Photos de plage de Claude Nori à découvrir à la galerie des Franciscains. | CLAUDE NORI
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Rimini, Italie, 1995. Photos de plage de Claude Nori à découvrir à la galerie des Franciscains. | CLAUDE NORI

Qui sont les photographes invités ?

Claude Nori expose à la galerie des Franciscains. Le photographe âgé de 77 ans, fasciné par les plages italiennes, en quête d’instants de bonheur, d’instants amoureux, décrit Dominique Gellé, présente ses photos et des tirages qui lui appartiennent, aux célèbres signatures. Dans cette même galerie, une des artistes émergentes choisies par l’Art à l’Ouest, Émeline Sauser, 28 ans, signe neuf photos qu’elle a réalisées à Saint-Nazaire, à la tombée du jour. Prometteur. Une autre jeune femme, elle aussi de 28 ans, présentera son Hétérotopie, face à la mer, au niveau de Sautron. Architecte à Nantes, Esther Donikian s’inspire en images du concept de Michel Foucault, la localisation physique de l’utopie telle une cabane d’enfant, et fait le lien entre ville et littoral.

Le travail d’Emeline Sauser s’est déroulé à Saint-Nazaire, à la tombée de la nuit sur la plage. À voir à la galerie des Franciscains. | EMELINE SAUSER
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Le travail d’Emeline Sauser s’est déroulé à Saint-Nazaire, à la tombée de la nuit sur la plage. À voir à la galerie des Franciscains. | EMELINE SAUSER

Saint-Nazaire en France, Valparaiso au Chili, quel lien ?

Patricia Morvan nous a présenté un photographe qui a monté son agence à Valparaiso au Chili. Rodrigo Gomez Rovira, arrivé en France en 1973 pour fuir la dictature de Pinochet, a retrouvé son pays natal. Il a raconté dans un livre ce voyage mené en 1996, à bord d’un bateau. Ces photos seront exposées jusqu’au 30 août à la galerie Ar Men Du de Laurence Le Hire, au 118 avenue de la République. En faisant des recherches, j’ai trouvé un bateau qui, entre 1872 et 1874, reliait Saint-Nazaire à Valparaiso,s’exclame Dominique Gellé, ravi d’avoir déniché l’histoire. Après, ce bateau, il a emmené des gens au bagne de Cayenne, dont le capitaine Dreyfus…

Des cartes postales voyagent entre écoles

Ce sont des grands artistes, les enfants ! Ils n’ont pas de filtre ! Projet culturel de territoire de Saint-Nazaire, 96 élèves de CE1, CE2 et CM2 de Jean-Jaurès et d’écoles de Pornichet et de Saint-André-des-Eaux, ont envoyé des cartes postales, se livrant à des portraits de plage mis en scène en studio par le photographe Laurent Baranger. Ces cartes sont arrivées à l’école Pedro Montt au Chili, la réponse des enfants chiliens portant sur la fresque inspirée des paysages de Valparaiso. Le tout sera exposé au Jardin des plantes.

Les photos d’Alejandro Olivares seront exposées au fort de Villès-Martin et sur le sentier côtier. | ALEJANDRO OLIVARES
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Les photos d’Alejandro Olivares seront exposées au fort de Villès-Martin et sur le sentier côtier. | ALEJANDRO OLIVARES

Combien de visiteurs ?

Difficile de compter les visiteurs de cette exposition gratuite, sans billet donc et disséminée dans la ville. Le seul comptage se déroule à la galerie des Franciscains, 4 000 visiteurs ont été recensés l’année dernière. La Ville estime à 50 000 personnes se promenant sur le front de mer, la SNCF estime à 300 000 personnes le nombre de voyageurs qui transitent par la gare entre le 1er juillet et fin septembre. Sans compter la médiathèque Étienne-Caux où sera visible l’installation vidéo sonore de Bastien Capela, à partir de 8 cartes postales trouvées aux archives départementales. Ni le fort de Villès-Martin et le sentier côtier où seront présentées les photos du photographe chilien Alejandro Olivares.

Cargo et le futur centre de photo

On n’a rien à voir avec ça ! affirme Dominique Gellé. Le centre de photo, projet de la nouvelle municipalité en lieu et place du Grand Café, centre d’art contemporain, suscite de nombreuses critiques. Des acteurs du milieu culturel se sont mobilisés vendredi 12 juin, lors d’un rassemblement. L’association l’Art à l’Ouest n’a pas été associée à ce projet, redit Dominique Gellé et n’a pas décidé si elle prendra part à l’appel à manifestation d’intérêt prévu en fin d’année.