Ce que vous allez apprendre

Pourquoi les pharmaciens sont au cœur de la lutte contre les médicaments inutilisés

Pourquoi près de 8 000 tonnes de médicaments reviennent chaque année dans les pharmacies

Comment certaines pratiques de prescription peuvent faire la différence

Quels leviers les laboratoires sont invités à activer pour limiter les pertes

7 675 tonnes : c’est la quantité annuelle de médicaments rapportés en pharmacie pour être valorisés par l’éco-organisme Cyclamed. Sur dix boîtes de médicaments collectées, quatre ne sont pas périmées. L’étude Perimed, publiée ce 24 juin, révèle également que 70 % des médicaments non utilisés sont à prescription obligatoire. Toujours d’après cette analyse statistique réalisée par l’Agence nationale de sécurité du médicament (Ansm) et l’Assurance maladie, les antalgiques, les laxatifs et les antibiotiques sont les médicaments les plus concernés par ce gaspillage.

Le rôle des industriels : adapter les conditionnements

L’étude Perimed pointe deux pistes d’actions à engager par les laboratoires : adapter les conditionnements et les durées de conservation des médicaments. « Proposer des conditionnements plus adaptés pourrait limiter le volume de médicaments non consommés, comme c’est déjà le cas pour certaines benzodiazépines hypnotiques », suggère le rapport. Allonger les dates de péremption de certains médicaments comme le paracétamol, l’ibuprofène et les antidiarrhéiques lopéramide et racécadotril est une autre solution pour limiter le gaspillage.

Le rôle des médecins : prescrire « au plus juste »

Dans leur convention, les médecins se sont engagés pour des prescriptions plus pertinentes et sobres, notamment à travers la consultation de déprescription pour les patients hyperpolymédiqués, en vigueur depuis début 2026. Ils sont incités dans cette étude à valoriser des alternatives non médicamenteuses lorsqu’elles existent et à réévaluer fréquemment la pertinence des traitements, « avec un suivi attentif des patients concernés. »

Le rôle des pharmaciens : s’assurer de l’observance

Les officinaux peuvent pour leur part s’assurer avant chaque renouvellement que les patients « n’ont pas encore chez eux les mêmes médicaments. » Le rapport souligne en effet que « certains médicaments délivrés « si besoin » (antalgiques notamment) peuvent ne pas être finalement consommés. » Les pharmaciens ont également un rôle crucial à jouer dans la détection des cas d’inobservance et l’accompagnement des patients, par le biais des entretiens pour patients chroniques et particulièrement des bilans partagés de médication.