Pour le sommelier belge Eric Boschman, l’enjeu est clair. « La vraie difficulté, c’est de diminuer la charge carbone du vin, et le secteur le plus polluant, c’est la bouteille », résume-t-il. Et sur le plan gustatif ? Il se veut rassurant. « Au niveau du goût, ça ne change rien. Quant à la conservation, les premiers retours sont encourageants. Ces nouveaux flacons constituent surtout une avancée pour les vignerons, davantage qu’une révolution pour le consommateur », complète-t-il.
En fait, toute la filière cherche à réduire son impact : capsules, transport, bouchons, tout fait l’objet d’études et d’innovations. Pour les bouchons, Eric Boschman reste très attaché au liège naturel. « Le liège, ce sont des arbres qui absorbent du carbone et se régénèrent. C’est ce qu’il y a de mieux. Les bouchons synthétiques ou en verre, eux, affichent un bilan carbone moins favorable. »
D’autres pistes existent. Les bouteilles en plastique PET ont été testées : légères, mais « zéro » en matière de conservation, selon le sommelier. En revanche, il défend une option plus iconoclaste. « Vous voulez un bon titre ? Le truc idéal, c’est la canette », rigole-t-il, avant de défendre plus sérieusement son point de vue. « L’aluminium est recyclable à 100 %, refroidit très vite et n’altère pas le goût, assure-t-il. J’ai fait des dégustations à l’aveugle : on ne voit pas de différence. J’ai même vu des vignerons qui tiraient la tête après n’y avoir vu que de feu ! Pratique, légère et adaptée à une consommation individuelle ou nomade – pour un pique-nique, par exemple -, la canette pourrait gagner du terrain, même si les mentalités doivent encore évoluer. »
Les cubis (Bag-in-Box, dans le jargon) progressent aussi. « On trouve désormais de très bons vins en 3 ou 5 litres », observe-t-il, même si l’image reste moins prestigieuse. Capsules à vis ou demi-bouteilles complètent l’offre, sans bouleverser l’équilibre du marché. « Il vaut mieux une canette qu’une demi-bouteille, au niveau de la conservation », précise-t-il enfin.