Grande coupe budgétaire du gouvernement Dilliès : « Nous refusons de laisser détruire un outil stratégique pour Bruxelles »

Pour éviter le naufrage, le gouvernement bruxellois a dû trancher dans le vif. Selon des informations de La Libre, confirmées par le cabinet du ministre-Président bruxellois Boris Dilliès (MR), un accord est intervenu sur un plan massif de réduction des effectifs : 37 départs volontaires sur 159 équivalents temps plein devront être actés d’ici la fin de l’année, avec une réorganisation interne. Le coût global pour 2026 est estimé à 2,5 millions d’euros, tandis que celui en 2027 est de 1,1 million d’euros.

« Visit.brussels se recentre sur ses missions premières et sur les activités à plus forte valeur ajoutée, ce qui entraîne une baisse des besoins en ressources humaines », précise le cabinet de Boris Dilliès.

Une situation intenable

Il faut dire que la situation était devenue intenable. Faute de moyens, Visit. brussels a déjà dû sabrer dans sa programmation de l’année. En mai dernier, la Fête de l’Iris n’a duré qu’un jour au lieu de deux, tandis que des événements comme le Comic Strip Festival ou le I Love Science Festival ont tout simplement été rayés de l’agenda.

Initialement, le PS avait pourtant exigé l’absence de tout licenciement dans les administrations régionales. L’ASBL avait donc envisagé de maintenir son cadre de personnel tout en réduisant la voilure de ses activités. Une absurdité managériale selon Cécile Jodogne (Défi) dans La Libre en avril : « Cela signifiait en gros qu’une partie du personnel allait se tourner les pouces, puisqu’ils n’ont plus de moyens d’action ».

Budget bruxellois : un dérapage annoncé de 300 millions d’euros hypothèque l’ambition d’un retour à l’équilibre

Pour sortir de l’impasse, un compromis a finalement été trouvé au sein du gouvernement de Boris Dilliès, ministre de tutelle de l’organisme. Pas de licenciements secs, mais une incitation financière au départ. Une reculade pour les socialistes ? « Non, car Visit. brussels est une ASBL, pas une administration, et qu’on parle de départs volontaires, nuance une source gouvernementale, qui pointe toutefois un autre effet pervers : « Ce qui est dommage, c’est que ceux qui vont partir seront sans doute les plus talentueux, ceux qui rebondiront facilement ailleurs… »

Cette cure d’austérité n’est que la face émergée d’un iceberg bien plus menaçant. Elle intervient alors qu’un rapport du comité de monitoring prévoit une hausse du déficit possible de 200 millions d’euros pour le budget régional 2026. Le déficit de la Région bruxelloise replonge, hypothéquant sérieusement les promesses de retour à l’équilibre budgétaire en 2029…