Voici qui remplacera Philippe Albert aux commentaires de la Coupe du monde 2026 sur la RTBF
« C’était un signal d’alarme envoyé par mon corps. Mais chez moi, à Bouillon, les gens ne vont pas chez le médecin. Alors, contre l’avis de ma femme, j’ai continué à avancer, jusqu’à ce qu’un après-midi, en jardinant, je me retrouve à court d’oxygène », explique l’ancien joueur de Newcastle.
« Je me suis effondré ici, par terre, au bord de la piscine. J’ai fini par appeler le médecin, qui m’a immédiatement envoyé aux urgences à Namur. Là-bas, ils ont diagnostiqué des troubles du rythme cardiaque. De plus, mon corps faisait de la rétention d’eau. Si cela monte au cerveau, c’est ‘fini’. »
Du jour au lendemain
« Le 13 mai, j’ai été opéré du cœur. Ils ont débouché plusieurs artères qui risquaient de s’obstruer. Mon cœur ne fonctionnait plus qu’à 25 %, alors que pour un homme de mon âge et de ma corpulence, la normale tourne autour des 70 % », ajoute-t-il.
Depuis, la vie du consultant de la RTBF n’est plus la même. « On m’a aussi vivement conseillé de faire quelque chose pour mon surpoids. Je m’y suis mis dès le premier jour. Entre-temps, j’ai perdu 25 kilos. À l’hôpital, quand je suis monté sur la balance, elle affichait 140 kilos. Je n’en croyais pas mes yeux. Aujourd’hui, je suis à 115 kilos, et ma diététicienne veut que j’en perde encore 5. »
« Je mange plus sainement et de manière plus équilibrée. La malbouffe ou le fast-food ne m’intéressaient pas, mais j’aimais bien manger. La charcuterie ardennaise, les sauces, le sel… Je ne faisais pas attention. Et depuis le 18 mars, je n’ai plus touché à une goutte d’alcool. Je n’ai jamais bu seul chez moi, mais avec des amis ou au tennis, je prenais volontiers deux, trois ou quatre bières », explique Philippe Albert.
Philippe Albert donne de ses nouvelles après ses pépins de santé : « J’ai changé de mode de vie depuis un mois »« C’est fini tout ça »
Des concessions qui en valaient la peine. « C’est fini tout ça. Si j’avais gardé le même style de vie, je serais mort d’ici deux ans. J’ai ma femme Katty, mes deux filles Océane et Lola, et mes deux petites-filles Emma et Laureline, qui ont 6 et 5 ans. Leur papi aimerait bien les voir grandir : je ne suis pas encore prêt à partir. »
Et ses efforts payent déjà, sa santé va en s’améliorant. « Normalement, je pouvais recommencer à jouer au tennis aujourd’hui, mais avec cette chaleur, on me l’a quand même déconseillé. Mais je retravaille à nouveau autour de la maison », explique-t-il.
Son état de santé a eu un impact immédiat sur sa vie personnelle mais également sur le plan professionnel. L’une des figures de la RTBF aurait dû être sur le sol américain pour commenter le Mondial mais les médecins lui ont interdit le déplacement.
« Deux cardiologues m’ont dit que c’était hors de question. Le risque était trop grand, compte tenu des nombreux vols, de la chaleur et du stress qu’un tel tournoi engendre malgré tout, même pour les consultants. »
Philippe Albert ne pourra pas voyager aux États-Unis pour la Coupe du monde 2026Pas de retour aux États-Unis
Philippe Albert a joué la Coupe du monde de 1994 aux États-Unis et espérait y retourner cette fois comme consultant, histoire de boucler la boucle. « Depuis 2012, j’ai couvert tous les grands tournois. Quelque part, cela aurait été une belle histoire puisque cela se passe à nouveau en Amérique, mais je ne suis pas déçu. Quand je repense à ce 17 mars ici, je suis juste heureux d’être encore en vie. »
S’il n’est pas du voyage, il regarde attentivement la compétition depuis sa maison à Fleurus et particulièrement les prestations des Belges. « Après les deux matchs de préparation contre la Croatie et la Tunisie, je pensais vraiment qu’on verrait à la Coupe du monde une équipe débordante de confiance. Avec des combinaisons fluides, beaucoup d’occasions et beaucoup de buts. Je n’ai encore rien vu de tout cela », s’attriste-t-il.
« C’est impardonnable »
« À la limite, je peux encore accepter le match nul contre l’Égypte, mais le 0-0 contre l’Iran est impardonnable. C’est une équipe qui n’arrivait pas à aligner cinq passes. Ça me rend fou quand j’entends certains joueurs dire après coup qu’ils sont plutôt satisfaits de prendre deux points en deux matchs. Même face à une équipe qui se regroupe à onze devant son propre but, et même sans Doku, nous devons être capables de gagner ces matchs-là », ajoute l’ancien défenseur.
« Au sein de l’ancienne génération, Courtois est le seul qui évolue encore véritablement au sommet de son art. Pour moi, il reste le meilleur gardien du monde. De Bruyne et Lukaku ont passé leur apogée. Malgré tout, ils peuvent encore faire la différence, tout comme Doku. Le reste de l’équipe doit avant tout jouer pour eux, plutôt que de courir après un exploit individuel. »
« Il faut commencer fort »
Si les deux premiers matches étaient décevants, il croit encore que les Diables peuvent relever la tête face à la Nouvelle-Zélande. « Mais pour cela, il faudra jouer plus vite, prendre plus d’initiatives, chercher la profondeur et bien écarter sur les flancs pour créer des espaces dans l’axe. Si on met la Nouvelle-Zélande sous pression, elle finira par craquer. »
« Les choix de Rudi Garcia ne regardent que lui. La seule décision que je conteste, c’est d’avoir aligné Lukebakio en faux numéro neuf contre l’Iran après le carton rouge de Ngoy. Il aurait dû opter bien plus rapidement pour Fernandez-Pardo. Pour le reste, on ne peut pas lui reprocher grand-chose. »
Il espère du changement dans le onze qui débutera la rencontre. « Raskin ne m’a encore jamais déçu avec les Diables rouges, mais c’est peut-être le moment idéal pour aligner le triangle Vanaken, Tielemans, De Bruyne. La Nouvelle-Zélande n’a pas les joueurs pour nous faire du mal. »
« Le mot d’ordre, c’est de commencer fort et de faire rapidement la différence. Comme ça, on pourra peut-être ménager Lukaku et De Bruyne en vue du prochain tour. Malgré tout, je reste optimiste », conclut Philippe Albert.