« C’est toujours le DNF qu’on spotche » Plein les bottes

Pour rappel, le motif de la procédure entamée en juin 2025 (après une vaine mise en demeure introduite par le président de la FAF Matthieu Braun en juillet 2024) était simple : les préposés forestiers veulent que soit respecté l’arrêté ministériel qui leur impose le port de l’uniforme.

DNF Bernache du canadaDNF Bernache du canadaPhoto: Mathieu Golinvaux ©EDA

Un renouvellement annuel de la masse d’habillement et des chaussures est prévu chaque année. Mais la norme n’a plus été pleinement respectée depuis 2016. Juste des fournitures partielles, insuffisantes, contraignant bien souvent les agents à aller eux-mêmes s’équiper dans les supermarchés.

La Région wallonne n’a en réalité jamais contesté les faits. Par contre, celle-ci a plaidé sa cause en soulignant que plusieurs marchés avaient été lancés, celui du « chaussant » commençant d’ailleurs à se concrétiser (lentement) sur le terrain. Des bottes arrivent…

La ministre Anne-Catherine Dalcq (Agriculture et Ruralité) avait même annoncé il y a 10 jours qu’elle assumerait la charge sur ses propres crédits budgétaires (un peu plus de 850 000 €) et qu’elle prévoyait, pour les chaussures, un transfert de ses lignes budgétaires vers celles de Jacqueline Galant (Fonction publique) pour un montant de 352 000 €, en complément d’un précédent marché de 410 000 € pour des chaussures d’été.

Vu le contexte, « ce jugement résonne d’autant plus fortement »

Quoi qu’il en soit, le tribunal de première instance de Namur condamne la Région wallonne à fournir « l’offre complète » du catalogue de la masse d’habillement et du chaussant, les bulletins de commande, le cahier des charges sur lequel les agents auront, le cas échéant, leur mot à dire et, enfin, contraint la Région à passer commande conformément aux choix exprimés.

La Région doit s’exécuter au plus tard pour la fin du mois de juillet, sous peine d’une astreinte de 500 € par jour de retard à partir du mois d’août.

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Ce jugement illustre aussi un malaise plus large : manque de moyens, manque de personnel et perte progressive de considération pour le travail de terrain

Satisfaction du côté des agents : « Pour nous, ce jugement est important car il confirme que ce dossier n’est pas une simple revendication de confort, mais bien un problème concret de respect des obligations de l’administration envers ses agents de terrain », réagit le président de la FAF.

Derrière les vestes et les bottes, « il y a surtout la capacité des agents du DNF à exercer correctement leurs missions : surveillance, police de l’environnement, gestion forestière, biodiversité et service aux citoyens. »

« Ce jugement illustre aussi un malaise plus large : manque de moyens, manque de personnel et perte progressive de considération pour le travail de terrain. Dans le contexte actuel de réforme du DNF, menée dans une grande opacité et sans garanties claires pour les agents de terrain, cette décision judiciaire résonne d’autant plus fortement », conclut-il.