Les conditions d’un achat raisonnable de nos centrales manquent

Avant même d’exploiter les centrales, sans doute avec un opérateur privé, l’État devra être en capacité de négocier leur rachat. Et ce sera loin d’être simple, tant Engie mobilise les meilleurs experts internationaux pour valoriser ses actifs et défendre ses intérêts. La Belgique défendra efficacement ses intérêts qu’en s’entourant de compétences équivalentes.

La précipitation est rarement bonne conseillère. Dans un dossier d’une telle complexité, elle pourrait coûter des milliards. Vouloir conclure un accord dès le début du mois d’octobre paraît particulièrement ambitieux alors que plusieurs évaluations techniques et financières ne seront disponibles que des mois plus tard. Comment prétendre négocier sereinement sans disposer d’une vision indépendante et complète de l’état des installations et des investissements à venir ?

La Belgique prête au bras de fer avec Engie ?

La Belgique a déjà perdu près de vingt ans à tergiverser sur l’avenir de son parc nucléaire. Ce retard ne justifie pas de passer d’un excès à l’autre. L’hésitation ne doit pas conduire à la précipitation.

La souveraineté énergétique ne se résume pas à un transfert de propriété. Elle suppose des compétences scientifiques, techniques, financières et juridiques capables de négocier d’égal à égal avec les meilleurs spécialistes du secteur. La Belgique peut choisir de reprendre ses centrales. Mais elle ne peut se permettre de les racheter sans avoir la certitude d’en connaître le véritable prix. La souveraineté s’achète peut-être, mais la compétence, elle, se construit. Et c’est par elle que tout devrait commencer.