Une traversée hors norme dans des conditions extrêmes
Tout au long de la progression, l’équipe a dû composer avec un environnement particulièrement instable : vents violents dépassant régulièrement les 100 km/h, neige abrasive comparable à du « papier de verre sous les skis « , et températures ressenties approchant les -58°C.
Dans ces conditions, la trajectoire initialement planifiée a dû être adaptée en permanence. « Nous avions soigneusement planifié un itinéraire… mais ici, on comprend vite qu’on ne peut pas s’attendre à le suivre à la lettre », résume Gilles Denis, leader de la mission.

L’expédition SILA, lors d’un bivouac au Groenland ©Edluke
Une décision humaine au cœur du projet
Pendant l’expédition, un événement important est survenu : pour des raisons de santé, Gilles Denis a dû écourter sa présence sur le terrain. Sasha Doyle, Ed Luke et Wilson Cheung ont poursuivi la progression jusqu’au nord du Groenland , suite à une décision collective. Gilles à accompagné l’équipe à distance pour les guider face à la météo et aux choix à faire. Cela a permis la continuité des travaux scientifiques.
Une réussite scientifique majeure
Au-delà de la performance sportive, SILA s’impose comme une réussite scientifique.Tout au long de la traversée, l’équipe a mené un important travail de terrain : Prélèvements et analyses de neige, études du manteau neigeux, mesures de la calotte glaciaire. Cela contribu à des initiatives de recherches de plusieurs programmes internationaux (Danemark, Royaume-Uni, Japon). Ces données alimenteront notamment la base de référence SUMup, essentielle au suivi de l’évolution de la calotte groenlandaise.
Dans plusieurs zones très peu documentées, les relevés effectués apportent des informations précieuses. Les analyses réalisées à plus de 2 100 mètres d’altitude ont notamment mis en évidence des structures de neige compactée et des lentilles de glace, suggérant des variations des conditions hivernales, « Dans ces régions isolées, chaque donnée récoltée sur le terrain a une valeur scientifique immense », souligne Wilson Cheung, glaciologue et membre de l’expédition.

Certaines journées sont particulièrement difficiles sur l’inlandsis ©Edluke
Une aventure humaine marquante
Au-delà de la science, l’expédition laisse surtout le souvenir d’une expérience humaine intense, vécue dans un environnement radical. Les membres de l’équipe évoquent des paysages entièrement monochromes, où la perception des distances disparaît, des conditions de vie extrêmes où même le dentifrice peut geler, mais aussi des instants rares, comme l’apparition d’un halo lumineux dans le ciel après une longue journée d’effort. Sasha Doyle décrit également un moment symbolique : celui où les dernières silhouettes de relief ont disparu à l’horizon, laissant place à « l’immense inconnu », « Devant nous : uniquement la neige, la glace, le ciel. »
Des carnets pédagogiques pour transmettre l’expérience
Au-delà des données scientifiques et de l’exploit sportif, l’expédition SILA a également donné naissance à des carnets pédagogique. Destinés à partager l’expérience du terrain a un large public, et notamment les jeunes générations, ils permettent de relier les réalités de l’exploration polaire aux enjeux climatiques et scientifiques contemporains. Ces supports viendront prolonger la mission au-delà du terrain, en transformant l’expédition en outil de transmission et de sensibilisation.
Suivre les résultats et les images
Les images de l’expédition, les récits de terrain ainsi que les premiers résultats scientifiques seront progressivement partagés sur le compte Instagram d’IMAQA, ainsi que sur le site www.imaqa.be