À rebours du traditionnel penty breton, c’est une maison à l’architecture singulière qui a trouvé sa place au cœur de Sainte-Marine, en plein Pays bigouden. Depuis l’été 2024, c’est ici que Martine et Jean-Marie Lebec y ont posé leurs valises. Un rêve devenu réalité pour ce couple de sexagénaires, tombé sous le charme du secteur durant la pandémie de covid, lorsqu’ils y avaient trouvé refuge. « Au déconfinement, on a su que c’était ici que nous chercherions une maison pour notre retraite », raconte Martine Lebec, qui a elle-même beaucoup déménagé au fil de sa carrière.

Mais, tension immobilière oblige, les biens à vendre se font rares. Le couple se tourne alors vers la construction, sur un terrain situé à proximité du centre-bourg. Par le biais d’une connaissance commune, ils prennent contact avec le cabinet parisien Mootz & Pelé Architecte, qui s’associera pour leur projet avec Le Local d’architecture, autre cabinet basé à Paris et Vannes. « Nous voulions une maison ouverte sur l’extérieur, lumineuse, avec des matériaux nobles, mais aussi la plus passive possible, comme le veut l’air du temps », souligne Martine Lebec.

Cette habitation sous couverture permet de protéger la maison en cas d’intempéries.Cette habitation sous couverture permet de protéger la maison en cas d’intempéries. (Le Télégramme/Guirec Flécher)D’inspiration scandinave

Après une première esquisse abandonnée, le projet retenu est celui d’une habitation compacte de 138 m2, entièrement bardée de bois et couverte d’une toiture métallique. Un parti pris audacieux qui répond au souhait des propriétaires : avoir une maison inspirée à la fois de l’architecture scandinave et des cabanes en bois de l’architecte Bartherotte, au cap Ferret.

D’apparence simple, la conception offre à l’intérieur des volumes optimisés « à la fois chaleureux et douillets », se réjouit la propriétaire. Au rez-de-chaussée, un vaste séjour/cuisine de 50 m2 s’ouvre à 180° sur le jardin. Pour maximiser les apports lumineux, un jeu de fenêtres en bois a été installé à la place de baies vitrines, rappelant l’esprit d’une cabane. À l’étage, les combles ont été aménagés pour accueillir quatre chambres et deux salles de bains.

La maison est entièrement bardée de bois et couverte d’une toiture métallique.La maison est entièrement bardée de bois et couverte d’une toiture métallique. (Le Télégramme/Guirec Flécher)Répondre aux enjeux environnementaux

Particularité : la toiture métallique a été choisie blanche plutôt que noire. « Cela permet de limiter la surchauffe l’été grâce », indique l’architecte Timothée Festiveau.

L’inclinaison du auvent a également été soigneusement étudiée afin de laisser entrer la lumière en hiver, tout en limitant l’apport solaire direct lors d’épisodes de fortes chaleurs. Cet auvent se prolonge d’ailleurs sur la terrasse, permettant d’abriter l’ensemble de la maison et d’offrir un espace extérieur couvert en cas d’intempéries. La gestion des eaux pluviales constitue en ce sens un autre marqueur fort du projet. « La toiture côté nord ne comporte pas de gouttière : les eaux s’écoulent directement dans la haie, qui a été conservée durant le chantier », relève l’architecte. Côté sud, les eaux sont dirigées vers le terrain naturel afin de garantir une infiltration totale à la parcelle, sans rejet dans le réseau d’assainissement.

Des maisons pas comme les autres : à Sainte-Marine, une habitation passive inspirée des cabanes du… Cap Ferret ! (Le Télégramme/Guirec Flécher)

Autant de choix assumés qui permettent, selon Timothée Festiveau, de répondre aux enjeux climatiques, sans compromis sur le confort. Un constat partagé par les premiers intéressés : « Plus on vit dans cette maison et plus on se rend compte qu’on l’aime », en attestent les propriétaires.