Un premier but dans un grand tournoi pour Léo. Et une réponse à la frustration qui a pris à la gorge le noyau belge après seulement 11 minutes de jeu. Tout le pays a vu le cuir franchir la ligne de but sur sa reprise déviée par le poteau. Du stade de Vancouver, nous aussi. Une déception à laquelle on doit ajouter un penalty qu’il était convaincu d’avoir provoqué. Il a été logiquement annulé.
Cinq buts au Canada sous une ola mexicaine pour rester aux États-Unis : les Diables enfin au rendez-vous dans cette Coupe du mondeLe lourd héritage d’Eden Hazard
Les grands savent relever la tête après de tels moments. Trossard a été digne de son numéro 10. Interrogé sur la symbolique d’un tel flocage dans le dos, il avait haussé les épaules, comme si cela n’avait aucune valeur à ses yeux.
Ce 10, porté par Eden Hazard durant dix bonnes années, est un lourd héritage. Romelu Lukaku a tenté de le prendre mais il semblait peser trop lourd sur son large dos. Il va à merveille à Trossard qui en a endossé les principales caractéristiques et responsabilités.
Le Gunner a pour lui cette force mentale qui l’empêche de se retenir. S’il a loupé cinq frappes, il en tentera une sixième. Pas de frappe, pas de goal disait Raymond Goethals. Trossard l’a compris et tente le coup dès qu’il peut. Avec ce troisième doublé sur la scène internatonale, le voilà, en 54 sélections, à 14 buts
Il s’est souvent retrouvé en position de faire mal à la Nouvelle-Zélande car son curseur de liberté a été poussé au maximum. Sur le papier, il était supposé jouer à gauche et Jeremy Doku à droite. Ils ont beaucoup changé de flanc. Quitte à parfois se retrouver dans un rayon de quelques mètres et de pouvoir combiner. Trossard a finalement passé sa vie à flotter dans l’axe du jeu.
Qualif’ historique, boulette, les records de Lukaku et Courtois : ce qu’il faut retenir de cette nuit à la Coupe du MondeUne masterclass d’intelligence de placement
Doku est là pour provoquer, Trossard pour se faire oublier dans les plus petits espaces. Face à la Nouvelle-Zélande, il a réussi à exploiter chaque trou de souris. Comme sur son deuxième but ou il demande le ballon au seul endroit où il était joignable dans un rectangle bouché comme le ring de Bruxelles.
Son match a été une masterclass de positionnement dans l’intervalle, de lecture de lignes de course et de projection dans la profondeur.
Les Diables rouges qualifiés pour les seizièmes de finale : voici le parcours qui les attendUn assist sur sa pire passe
Pour être un bon numéro 10, il faut ajouter une dose de générosité dans ses exploits individuels. Sans une frappe trop écrasée de Charles De Ketelaere, il aurait été crédité d’un assist pour sa passe en profondeur avant la mi-temps.
Et que dire de son ouverture vers Matias Fernandez-Pardo peu après l’heure de jeu. Peu de joueurs, même à la Coupe du monde, auraient délivré un tel service. Notre numéro 10 n’est décidément pas n’importe qui. Et il a été récompensé avec une passe décisive. Sur son service le moins glorieux du match.