Le Pakistan fait face depuis les années 1950 à une insurrection séparatiste au Baloutchistan, une province vaste mais peu peuplée du pays, qui déborde sur l’Afghanistan et l’Iran. Peu développée économiquement, cette région abrite pourtant d’importantes réserves d’or, de cuivre et de gaz, parmi les plus importantes d’Asie.

L’Institut Nobel recadre Maria Corina Machado et ça ne va pas plaire à Donald Trump

Originaire d’une famille baloutche qui s’est installée à Karachi, Mahrang Baloch a entamé son combat politique à l’âge de 16 ans après que son père, Abdul Gaffar Langove, qui militait également en faveur des droits humains, a été enlevé le 12 décembre 2009 par des hommes en civil alors qu’il se rendait à l’hôpital où son épouse recevait des soins. Son corps sera retrouvé deux ans plus tard, criblé de balles et présentant des marques de torture.

À la tête d’un mouvement étudiant puis de l’organisation Baloch Yakjehti Committee (le BYC créé en 2020), Mahrang Baloch n’aura dès lors de cesse de dénoncer la répression et les opérations extrajudiciaires des autorités pakistanaises.

Fin 2023, elle organisa notamment une longue marche couvrant plus de 1 600 kilomètres de Turbat à Islamabad, pour protester contre les abus commis par l’État.

Bête noire du pouvoir d’Islamabad dont le nom a été avancé pour le Nobel de la paix, elle a été arrêtée avec un autre militant du BYC, Sibghat Ullah Shah Jee, en mars 2025 à la suite d’un sit-in pacifique. Détenue depuis mars 2025 dans des conditions illégales, elle n’a pas eu droit à un procès équitable, estime Amnesty International pour qui « les lois antiterroristes pakistanaises sont cyniquement détournées pour réduire au silence la dissidence pacifique ».

Prix Nobel de la paix : argent, récompenses, postérité… que va remporter Maria Corina Machado ?