Chez certaines personnes atteintes d’un cancer de l’ovaire, la question de la fertilité se pose dès le diagnostic. Les traitements nécessaires, qu’il s’agisse d’une chirurgie ou d’une chimiothérapie, peuvent altérer la fonction ovarienne de façon transitoire ou définitive. La médecine de la reproduction a développé des options spécifiques pour anticiper ces effets. Quelles sont les possibilités envisagées avant un traitement, et dans quel cadre peuvent-elles être proposées ?
Pourquoi envisager une préservation de la fertilité ?
La fertilité féminine repose en grande partie sur la réserve ovarienne, c’est-à-dire le stock d’ovocytes présents dans les ovaires. Cette réserve n’est pas renouvelable. Certains traitements anticancéreux peuvent la diminuer, soit par l’ablation d’un ou des deux ovaires lors d’une chirurgie, soit par l’effet toxique de certaines chimiothérapies sur les cellules ovariennes. Dans le cancer de l’ovaire, la chirurgie occupe souvent une place centrale. Selon l’étendue de la maladie, elle peut nécessiter l’ablation complète des ovaires, ce qui entraîne une perte immédiate de la fonction reproductive. La chimiothérapie, lorsqu’elle est indiquée, peut également perturber le fonctionnement ovarien en endommageant les follicules, structures qui contiennent les ovocytes.
La préservation de la fertilité correspond à l’ensemble des techniques permettant de conserver des cellules ou des tissus reproducteurs avant l’instauration de ces traitements. Elle est envisagée en amont, dès que le diagnostic est posé, lorsque la situation clinique le permet. Les recommandations internationales soulignent la nécessité d’une information précoce et d’une orientation rapide vers une équipe spécialisée.

Une FIV peut être proposée avec congélation des embryons. © MedicalWorks, Adobe Stock
Quelles options sont possibles avant le traitement ?
La cryoconservation d’ovocytes est l’une des options les plus fréquemment proposées. Elle consiste à stimuler les ovaires pendant une courte période afin de recueillir plusieurs ovocytes, qui sont ensuite congelés. Un ovocyte est une cellule reproductrice féminine, destinée à être fécondée ultérieurement. Cette technique nécessite un délai de quelques jours à quelques semaines, compatible avec certaines situations oncologiques. La cryoconservation d’embryons repose sur un principe proche, mais suppose que les ovocytes soient fécondés avant congélation. Elle implique donc un projet parental avec un partenaire ou le recours à un don de spermatozoïdes. Cette option est encadrée par la législation en vigueur et dépend du contexte personnel.
La cryoconservation de tissu ovarien constitue une alternative lorsque le délai est très court ou lorsque la stimulation ovarienne n’est pas possible. Elle consiste à prélever et congeler un fragment d’ovaire contenant des follicules immatures. Ce tissu pourra, dans certaines situations, être réimplanté ultérieurement. Cette approche reste plus spécialisée et son indication est évaluée au cas par cas. Le choix entre ces options dépend de plusieurs paramètres : âge, état de santé, type de tumeur, urgence du traitement et faisabilité médicale. Il s’inscrit dans un parcours coordonné entre oncologie et médecine de la reproduction.