La désensibilisation est un type de thérapie encore assez jeune. Ce n’est que depuis 2017 que les démarches ont commencé pour proposer ce traitement au Saguenay-Lac-Saint-Jean.
En quelques années seulement, la clinique associée à l’UQAC s’est transformée pour devenir ce qu’elle est aujourd’hui.
«On a une des meilleures cliniques de désensibilisation alimentaire au monde. C’est une clinique pionnière, qui continue à faire avancer les choses», confirme le pédiatre Charles Morin, instigateur de ce projet, lors d’une entrevue avec Le Quotidien.

Désensibiliser le plus tôt possible
Depuis son ouverture, plus de 500 enfants sont passés entre les murs de la clinique, ou de l’hôpital de Chicoutimi, pour être désensibilisés à des allergies alimentaires. Les aliments sont variés, passant du lait, aux arachides, aux œufs, aux noix et plus encore. Le processus commence tôt, dès quelques mois de vie.
«Plus on désensibilise un enfant tôt dans sa vie, plus il y a de chance de guérir de son allergie ou d’être protégé à long terme. C’est pourquoi Charles a milité pour ouvrir une clinique ici, pour que ce soit plus facile, plus rapide, pour que les tout-petits soient désensibilisés le plus tôt possible», ajoute la pédiatre générale Claudia Nuncio-Naud, elle aussi très active dans la clinique.
L’objectif est de rendre l’enfant tolérant à un aliment, en lui administrant une infime dose de son allergène et en l’augmentant continuellement. Au fil du temps, il en deviendra tolérant, ce qui fait que s’il entre en contact avec son allergène, il n’y aura plus de danger pour sa vie.

La proximité de la clinique change donc grandement la donne pour les familles touchées.
«Avant, le temps d’attente pour obtenir une désensibilisation, ça pouvait aller jusqu’à cinq ans. On dépassait vraiment la fenêtre d’opportunité. Depuis qu’on a ouvert ici et changé les protocoles, le temps d’attente est de trois mois», souligne à son tour l’infirmière clinicienne Frédérique Gagnon-Brassard.

Après 9 à 18 mois, selon de l’intensité de l’allergie, plusieurs enfants en sont complètement guéris. Cependant, ces derniers doivent continuer à s’exposer régulièrement à leur allergène pour ne pas perdre leur tolérance.
C’est tout un changement pour ceux, qui, sinon, devraient vivre avec un stress immense et une vigilance constante. Or, ces petits sont souvent trop jeunes pour s’en rendre compte, mais la différence est énorme pour leurs parents, ou même leurs frères et sœurs.
«Quand on arrive au seuil que l’enfant peut introduire tout ce qui peut contenir, il y a certains parents, certains enfants, qui se mettent à pleurer. Ça leur offre tellement une liberté, une diminution de l’anxiété.»
— Claudia Nuncio-Naud, pédiatre
Malgré le fait qu’il n’y ait pas d’allergologue dans la région, la clinique réussit tout de même à offrir un service complet chez les tout-petits.
La recherche
On ne fait pas que de désensibiliser les jeunes aux allergies à la Clinique Zéro allergie. On étudie également toute cette science pour mieux comprendre le processus derrière les allergies alimentaires, autant du côté génétique que du côté de l’environnement.
Pour que les recherches avancent, il doit y avoir des gens pour y participer. Et c’est bien le cas pour la Clinique Zéro allergie.
«Il y a 90 % des enfants et des parents qui acceptent de participer à la recherche. C’est une grosse caractéristique de notre clinique, qui montre l’engagement des gens dans la région, comment ils sont motivés à participer à la recherche», confirme la coordonnatrice de la clinique, Anne-Marie Boucher-Lafleur, qui travaille avec l’équipe de la chercheuse Catherine Laprise depuis plusieurs années.

Les recherches ne servent pas à imaginer une recette miracle pour de nouveaux traitements. Elles sont plutôt tournées vers ses causes, ses prédispositions génétiques pour créer des outils qui les détecteront encore plus rapidement.
La clinique vit d’ailleurs des fonds de recherche qu’elle reçoit et des différentes fondations qui la soutiennent.