Au plus fort de la canicule de ces derniers jours, l’artiste plasticien choletais Arno Bigot se fendait d’un clin d’œil rafraîchissant en direction des amateurs d’art. Plutôt que d’aller jusque dans un Paris bouillant et de pousser jusqu’au musée du Louvre pour admirer l’inévitable « Joconde », de Léonard de Vinci, au milieu d’une foule compacte, il proposait de venir admirer son « Portrait de Mona Lisa », copie récente de l’huile sur bois du maître italien. Si son atelier de la rue du Verger est fermé, vous n’aurez qu’à toquer à la porte.
Trois mois de travail
Primé au Salon des artistes français, à Paris en 2024, le quinquagénaire est depuis sociétaire des Artistes français. Cette reconnaissance le légitime pour encadrer des stages, sur la peinture à l’huile, sa spécialité. En février, j’ai eu cinq stagiaires pendant quatre jours et le dernier portait sur le portrait et le sfumato, technique donnant au sujet des contours vaporeux, ainsi Mona Lisa. Je l’ai fait juste avant le stage, un travail de trois mois pour 23 couches de peinture, huile sur bois de peuplier d’Italie. J’ai choisi le plus compliqué.
Éclairer l’usage de la copie
L’œuvre, à dessein plus petite – 61 cm par 50 – que l’originale – 79 par 53 –, n’est pas signée. Je le peux, mais en indiquant “d’après De Vinci”. Ce détail fut aussi au cœur du stage. Je voulais répondre à la question d’artistes qui me demandaient pourquoi des salons refusent les copies. Je répondais sur comment les signer, comment les exposer. Dans tous les cas, il faut le dire, parce que ça crée des problèmes. Dans certains salons, les bénévoles n’ont pas forcément les connaissances. L’artiste doit être honnête.
Une œuvre à vendre
Arno Bigot, autodidacte, ancien ingénieur en bâtiment, a profité de la réalisation de sa copie – à vendre – pour découvrir la peinture sur bois et perfectionner son travail de l’ocre (le tableau ne mobilise que six couleurs). J’ai beaucoup travaillé sur le paysage, sur ce qu’il signifiait. Il figure le fleuve Arno, alors au cœur d’un conflit entre Florence et Pise, où il passe, et pour lequel il y avait le projet de le détourner. Des détails visibles en s’approchant de l’œuvre, plus près que vous ne pourrez jamais le faire au Louvre.