L’avion se pose vers midi. Bientôt, l’escalier Aviapartner y est greffé. Plusieurs voitures noires s’arrêtent à quelques dizaines de mètres de l’appareil. La princesse Élisabeth en sort, vêtue d’une robe blanche aux lignes pures. Boléro à manches courtes, taille fine, jupon godelé, escarpins hauts couleur peau. Aérienne et déterminée, elle se dirige vers l’escalier au pied de l’avion pour accueillir le couple impérial. Un accueil mi-japonais, mi-belge. Tout en courbettes et contacts chaleureux. Elle fait une révérence appuyée, véritable génuflexion à l’empereur, ensuite une accolade affectueuse à l’impératrice.

La princesse héritière accueille l'empereur Naruhito d'une révérence, puis embrasse l’impératrice Masako. Cette visite d’État, la première d’un empereur régnant en Belgique depuis 1993, marque le 160e anniversaire des relations diplomatiques entre les deux pays.La princesse héritière accueille l'empereur Naruhito d'une révérence, puis embrasse l’impératrice Masako. Cette visite d’État, la première d’un empereur régnant en Belgique depuis 1993, marque le 160e anniversaire des relations diplomatiques entre les deux pays.MELSBROEK, BELGIUM – JUNE 20: Princess Elisabeth pictured welcoming emperor Naruhito and the empress Masako Owada of Japan at their descent of the airplane on June 20, 2026 in Melsbroek, Belgium, 20/06/2026 ( Photo by Philip Reynaers / Photonews

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Nul doute que la Princesse aura l’occasion, soit à Ciergnon, soit lors du banquet d’État où elle sera présente ainsi que ses trois frères et sœur, d’avoir quelques échanges nourris avec le couple impérial. Notamment lié à leurs cursus respectifs : le couple impérial a étudié à Oxford, comme la princesse Élisabeth, et l’impératrice Masako a également étudié à Harvard. De points communs qui s’ajoutent aux relations soutenues qu’entretiennent de longue date les familles régnantes belge et japonaise. L’impératrice Masako a ainsi suivi des études au Balliol College d’Oxford, qui compte notamment parmi ses anciens élèves quatre Premiers ministres du Royaume-Uni, dont Boris Johnson. Elle a, avant cela, suivi un cursus à la faculté d’économie de Harvard. L’empereur Naruhito a, quant à lui, étudié notamment au Merton College d’Oxford.

Comment la Belgique représente une place forte de l’Europe pour le Japon: « Elle est le cœur d’un système de droit et de démocratie solide »

Mais ce que l’on retient de cet accueil avant tout, c’est le poids qu’a assumé, sur ses épaules à la fois solides et délicates, la princesse Élisabeth. Propulsée pour l’occasion sur le devant de la scène nationale, bilatérale et même internationale, elle a montré, si besoin était, qu’elle est parfaitement préparée pour le rôle. Sa formation militaire et sportive donne une dynamique particulière à sa posture. Élégante sans chichis. Naturelle et formelle à la fois. Tout en fraîcheur et efficacité.

Ce rôle qu’elle a assumé témoigne notamment de la volonté des deux pays de mettre l’accent sur les générations futures. Il y a, profondément ancrée dans la mentalité du roi Philippe, ce souci permanent de la transmission progressive. Un point partagé, nous confirme-t-on, par l’empereur Naruhito.

Cet accueil en haut lieu traduit aussi la volonté de la Princesse de travailler pour le pays. Et ce n’est pas l’annonce des quelques mois de réflexion ou de transition qu’elle compte s’accorder, comme elle nous l’avait dit en substance à Harvard, qui va l’empêcher de poursuivre sa formation sur le terrain et d’œuvrer pour la nation, de façon discrète ou visible, alternant travail de l’ombre et nécessaire mise en lumière.

Une telle mission, une première

Cet accueil à Melsbroek était une apparition importante après son retour de Harvard. C’était surtout la première fois qu’elle était chargée d’une telle mission lors d’une visite d’État.

Quant au week-end que le couple impérial a passé ensuite à Ciergnon, il traduit, souligne cet éminent spécialiste du Japon, « un équilibre entre le devoir et le plaisir, quelque chose qu’on retrouve beaucoup dans les liens entre les deux pays. C’est, au fond, la base d’une excellente relation. »

« La visite en Belgique est une visite aussi du centre de l’Europe », souligne encore le professeur. « La Belgique représente le cœur d’un système de droit et de démocratie solide et reconnu mondialement. Ce sont des valeurs que partagent les deux pays. » (Lire notre entretien complet par ailleurs).

Avant d’entamer le programme officiel de leur visite d’État 
en Belgique, l’empereur et l’impératrice du Japon ont passé 
le week-end au château de Ciergnon en compagnie de la famille royale, réunie pour l’occasion.Avant d’entamer le programme officiel de leur visite d’État 
en Belgique, l’empereur et l’impératrice du Japon ont passé 
le week-end au château de Ciergnon en compagnie de la famille royale, réunie pour l’occasion.Avant d’entamer le programme officiel de leur visite d’État
en Belgique, l’empereur et l’impératrice du Japon ont passé
le week-end au château de Ciergnon en compagnie de la famille royale, réunie pour l’occasion.L’événement est plutôt rare : en l’honneur de l’empereur Naruhito et de l’impératrice Masako du Japon, les souverains belges ont ainsi réuni leurs quatre enfants au château de Ciergnon. Des retrouvailles chaleureuses pour la princesse Elisabeth, qui vient de passer de longs mois aux Etats-Unis. Ses frères et sœur sont aussi aux études : le prince Gabriel, qui vient de terminer ses examens et devrait donc boucler bientôt son Master en sciences sociales et militaires à l’École Royale Militaire, la princesse Eléonore, qui depuis 2023 étudie en anglais à l’International School of Brussels, et le prince Emmanuel qui suit un bachelor dans la filière « Chargé d’Affaires Commerciales » à l’ISTEC à Bruxelles. ©photo vlad vdk