Dans « L’embarras du choix », vous jouez une quadra incapable de choisir entre quoi que ce soit, et surtout pas entre deux amours.

L’héroïne au départ devait avoir autour de 25 ans. C’est plus intéressant qu’elle ait dans la quarantaine. Une fille de 25 ans qui hésite entre deux hommes, ce n’est pas très grave. On le lui souhaite, même ! Son incapacité à choisir va l’entraîner loin… Je ne suis pas comme elle, mais je la comprends. Il y a une telle consommation aujourd’hui ! On ne sait plus quel yaourt choisir. Elle a décidé de se fier à son père, à ses copines.

Entre le gentleman British et le Français bourru, le choix est corsé !

C’est en quelque sorte la première comédie romantique à suspense. Généralement, on sait avec qui l’héroïne va finir. Là, non. Et les hommes ont le second rôle, c’est assez rare ! Merci à Arnaud Ducret et Jamie Bamber d’avoir accepté.


Qu’avez-vous apporté de vous-même au personnage ?

J’ai aussi parfois du mal à choisir. Quand je suis au magasin pour un cadeau, que j’hésite sur une couleur. Mon erreur, c’est que j’appelle ma sœur, Audrey, pour m’aider, alors qu’elle est encore plus indécise que moi !




Vous êtes devenue la reine de la comédie romantique à un âge où, souvent, ça devient plus compliqué pour une actrice.

Oui, à 20 ans, les rôles de jeunes premières pullulent. La trentaine est une zone délicate. On ne peut plus avoir ces rôles-là, mais on n’est pas encore LA femme. A 40 ans, j’ai vu arriver ces propositions-là. Aujourd’hui, je peux jouer la maman d’une fille de 20 ans comme une femme amoureuse.

Vous êtes une actrice à qui les femmes s’identifient, ça aide ?

Oui, et c’est « Un gars, une fille » qui nous a donné cette image populaire, à moi et à Jean. On est entrés dans les maisons. Je suis la meilleure copine, la girl next door. C’est aussi parce qu’on dégage ça. Enfin, j’espère !

Il y a plus de meilleurs rôles pour les femmes ?

Oui, parce qu’il y a de plus en plus de femmes dans le milieu, des réalisatrices, des scénaristes. On va prendre la place des mecs ! Je rigole, je suis pour la parité ! Les hommes écrivent mieux pour les femmes, aussi. Elles ont eu des rôles magnifiques dans les années 60, 70, l’époque de Romy Schneider, Simone Signoret. Après, on a servi la soupe. Là, ça revient. Il était temps.

Le dilemme aujourd’hui n’est-il pas qu’on ne choisit plus parce qu’on prend tout, passant de l’un à l’autre ?

Bien sûr, c’est Tinder, l’amour vu par la société de consommation. On consomme les partenaires sans s’arrêter sur un choix, avec leurs qualités mais forcément leurs défauts. On divorce aussi très vite, on en prend un autre et, trois ans plus tard, on se retrouve face aux mêmes problèmes ! Je ne veux pas déprimer les petites jeunes en quête du prince charmant, mais il n’y en a pas beaucoup sur la place !

« L’embarras du choix », 28 juin, 21h10, France 2.