Le coliving ne fait pas flamber les prix à Bruxelles, « il répond à une demande »

La solution préconisée ? Et qui l’a été à Ixelles comme à Bruxelles-Ville : « On essaye de les freiner avec une taxation appropriée qui augmente de manière exponentielle par rapport au nombre de chambres, reconnaît-elle (jusqu’à 1 520 euros/chambre/an pour les immeubles de plus de dix logements meublés, NdlR). On essayerait bien d’être plus sévères sur le plan urbanistique mais nombre de ces coliving se font sans permis et nous échappent. Et les lignes directrices des services urbanisme des communes n’ont pas force réglementaire. Tant que Good Living est dans les limbes, on ne peut rien faire. »

« Plus adaptée en termes de prix, à savoir proposée à des loyers moins élevés, cette offre de coliving pourrait répondre à une demande (étudiants, jeunes travailleurs, personnes séparées…). »

Forest, nettement moins touchée par ce phénomène a néanmoins décidé de faire… de la prévention. « Ce n’est pas une préoccupation aussi forte mais on a pris les devants, confirme Alain Mugabo (Écolo), échevin de l’Urbanisme, et, donc, un règlement similaire de taxation pour réguler au maximum ce type d’occupation. » Non sans reconnaître que, « plus adaptée en termes de prix, à savoir proposée à des loyers moins élevés, cette offre pourrait répondre à une demande (étudiants, jeunes travailleurs, personnes séparées…). Car la question des petits logements mis à disposition plus ou moins temporairement est un vrai enjeu actuel. La manière de concevoir le logement à l’avenir doit être plus souple. C’est tout de même interpellant de se dire que les logements sont conçus comme il y a un siècle alors que l’occupation, elle, a fort évolué ».

Divisions de fait de grandes unifamiliales

Si le concept de coliving n’a pas encore envahi la commune de Forest dans les mêmes proportions que celle de Saint-Gilles, il en est de même, en quelque sorte, de la division de fait de grosses unifamiliales en appartements et studios. « Nous sommes plutôt ouverts à cela, indique Alain Mugabo, échevin de l’Urbanisme. Cela va dans le même sens que notre conviction qu’il faut construire la ville sur la ville. À Forest, les grandes unifamiliales ne trouvent pas acquéreurs. Leur division en deux ou en trois logements ouvrirait des portes. Mais sans faire l’impasse sur les normes d’habitabilité et sur la présence d’espaces extérieurs. On veut des logements confortables. »

Les divisions de maisons en appartements à Bruxelles : un vrai casse-tête

À Saint-Gilles, par contre, il y a eu tellement de divisions de fait de maisons, que la commune freine des quatre fers quand il s’agit de les faire passer en divisions de droit. « Ce n’est pas aussi systématique, répond son échevine de l’Urbanisme, Catherine Morenville. Le souci c’est que nombre de maisons ont été divisées en studios et en petits appartements d’une chambre. Nous, ce que l’on impose, c’est une mixité de logements. Que ce soit dans les anciennes divisions comme dans les nouvelles ou même dans les nouveaux projets neufs : 50 % de studios et 1-chambre, 50 % d’appartements de plusieurs chambres. Au risque de se retrouver avec un fort turnover de ménages solos alors que des familles plus nombreuses ne trouvent pas à se loger. »

Je souhaite diviser une maison unifamiliale en plusieurs logements: que faire pour ne pas être en infraction?

Sans pour autant avoir des règles de base strictes. « La seule, peut-être, c’est qu’une maison de moins de 200 m2 habitables n’a pas besoin d’être divisée ou pas plus qu’en deux unités de logement, poursuit-elle. Le reste est question d’architecture, d’implantation (certains îlots ou rues sont plus denses que d’autres), de configuration, etc. C’est du cas par cas. » « Il n’y a pas d’obligations fixes mais quand c’est possible, on demande, par exemple, un local à vélo et à poubelles. Trop de propriétaires ont transformé les caves en logements, qui n’ont pas les bonnes surfaces ou les bonnes hauteurs. On demande alors de revenir à des caves et au minimum à une pièce commune pour les vélos et poubelles. Ce n’est pas seulement une exigence communale, c’est aussi la Région qui veut cela. »