Au cœur des ados. Dimanche à 21h10, M6 proposera Les Années collège, raconté par Ophélie Meunier. Dans ce documentaire, le public sera amené à suivre le parcours d’élèves d’un collège de l’Oise, de la 6e à la 3e. En classe, chez eux ou avec leurs amis, ils partagent rires, histoires d’amour et doutes avec Bethsabée Zarka. La réalisatrice nous (re)plonge dans ces « années collège ».
Dans le quotidien de sept ados
On le sait, le collège est une période charnière, celle où l’enfance bascule vers l’adolescence. Un temps de la scolarité peu abordé à la télévision. « J’avais fait des reportages de rentrée et un autre dans une école primaire pendant une année pour »Zone interdite » et »Envoyé spécial », indique la réalisatrice des »Années collège ». Avec ce documentaire pour M6, l’idée était de privilégier un tournage sur un temps long [à raison d’une cinquantaine de jours par an, soit 1.500 heures de rush], et pas uniquement au collège. Ce n’est pas un film d’école, mais un film intimiste. »
En effet, dans Les Années collège, tourné de septembre 2020 à juin 2024, Bethsabée Zarka donne la parole à sept collégiens : Chahine, Enora, Diego, Adé, Arthur, Eloïse et Malone.
« Dans la vie des ados, ils se passent toujours quelque chose. Ils sont très intelligents et ont beaucoup de centres d’intérêt. »
« Que chacun puisse s’identifier »
Sept ados donc, qui n’ont pas fait l’objet d’un casting traditionnel. « J’ai échangé avec les parents de Chahine et Diego à une réunion parents-profs au début de la 6e, lorsque je présentais le projet documentaire, se souvient Bethsabée Zarka. J’ai rencontré Adé dans une classe qui enseigne le français aux enfants dont les familles sont demandeuses d’asile. Malone, lui, a participé au studio d’interview qu’on avait ouvert au début du projet. Enora, très solaire, nous a rejoints en cours de route. Il fallait qu’enfants et parents aient pleinement envie de participer au film. »
Le tout avec, pour décor, le collège public Albéric Magnard de Senlis, en Picardie. « Ni filière d’excellence, ni REP [réseau d’éducation prioritaire] avec des difficultés sociales particulières, cet établissement a été choisi afin que chacun puisse s’identifier. »
« Etonnée par cette génération »
Dans le film, ce collège de l’Oise représente un « QG », dans lequel on ne parle pas que de maths ou d’histoire-géo. « Pendant le tournage, il y a eu Covid, mais aussi le début de la guerre en Ukraine qui a touché les élèves, poursuit-elle. Il y a même eu des familles qui ont reçu des familles ukrainiennes chez elles. Les élèves ont aussi vécu les attaques contre les professeurs Samuel Paty et Dominique Bernard, qui se sont déroulées non loin de chez eux. »
Autant d’épreuves qui offrent un autre regard sur les collégiens :
« Ils s’intéressent à tout et ont un avis sur plein de choses, s’enthousiasme la réalisatrice. Ils sont assez costauds et optimistes. Parfois, ils connaissent aussi la crise d’ado, où ils n’ont pas envie de parler. Mais ils réfléchissent beaucoup. Je suis positivement étonnée par cette génération. »
Réseaux sociaux et harcèlement
La vie des ados se compose aussi avec les réseaux sociaux. « Ils y passent beaucoup de temps pour y échanger avec leurs amis, observe Bethsabée Zarka. Ils les utilisent assez bien. Ils se renseignent et ont plein de canaux d’informations, notamment sur ce qui se passe autour d’eux, dans leur ville… Il y a eu un moment dans le documentaire où ils comparent les heures qu’ils passent en moyenne par jour. C’est vrai que cela peut être effrayant, mais il faut ouvrir le dialogue avec eux sur le sujet des réseaux pour savoir un peu ce qu’ils en font et pour se rassurer. »
Autre sujet abordé, et parfois en lien avec les réseaux sociaux, celui du harcèlement scolaire. « Il y a une élève qui a vécu une situation de harcèlement pendant le tournage, indique la réalisatrice. On imagine tout de suite les préjugés des ados et les vannes qui fusent, engendrant du harcèlement. Mais, à ma grande surprise, il s’agissait dans ce collège d’une élève solaire, très bien entourée, qui a des amis et un amoureux. On voit que le harcèlement scolaire ne répond à aucune objectivité, qu’il est totalement gratuit. » Pouvant être confrontés au harcèlement, ces jeunes sont aussi « éco-angoissés. L’écologie est un sujet qui revient beaucoup. »
Notre dossier sur l’Adolescence
L’expérience de quatre années de collège qui se termine sur une très bonne note. « Malgré les attentats, les guerres, la pandémie, ces collégiens sont résilients. Ils s’en sortent très bien, et cela rend optimiste pour l’avenir. »