Chaque parti a été appelé à formuler ses recommandations. Du côté du MR, les députées Amélie Pans et Clémentine Barzin exposent déjà les leurs et annoncent déjà déposer plusieurs textes pour « éviter une nouvelle gabegie » à l’avenir.
« On devient tarés, c’est de la torture mentale » : des Bruxellois en fronde contre le « fiasco » du métro 3 demandent la fin des travaux« Personne ne reconnaît de faute »
Selon les parlementaires, les multiples auditions ont mis en lumière plusieurs « erreurs du passé ». Le « péché originel » du métro 3 serait au niveau du tracé. L’itinéraire « historique » prévoyait de passer par l’îlot Jamar, rappelle Amélie Pans. « Il y avait des avantages à ce tracé : des tunnels déjà creusés, moins de travaux… mais des expropriations. Le mot d’ordre du politique a été de ne pas exproprier. Mais il n’y a eu aucune véritable analyse coût bénéfice pour comparer les tracés. Et au final, il y a eu des expropriations au Palais du Midi. »

Clémentine Barzin (MR), députée bruxelloise. ©PRE
Autre écueil soulevé : les conflits d’intérêts. « Aucune étude indépendante n’a été faite. » Les parlementaires dénoncent le fait que le consortium BMN (Bruxelles Métro Nord) était à la fois responsable pour l’étude d’opportunité et pour la poursuite du chantier. « On a confié l’étude d’opportunité à un prestataire qui avait tout intérêt à ce que le projet continue, ce qui constitue un conflit d’intérêts structurel. »
Fustigeant le « manque de maturité technique » et un « manque de garanties financières », les élues MR pointent une « gouvernance éclatée ». Pour rappel, le tronçon sud (Albert-Nord) est géré par la Stib, tandis que le tronçon nord (Nord-Bordet) est sous l’autorité de Beliris. « On voit une dilution de la responsabilité. Il y a la nécessité d’une unification de pilotage », appelle Clémentine Barzin. « Personne ne reconnaît de faute : ils se renvoient tous la balle. »
Avant le rapport de recommandation du Parlement, le MR annonce déposer deux textes. Une première proposition de résolution demande l’obligation d’études indépendantes pour les grands projets d’infrastructures. La seconde prévoit un mécanisme de « sonnette d’alarme budgétaire » pour les grands projets portés par les organismes régionaux avec contrats de gestion. « Si le budget d’un projet est dépassé de 30 %, le ministre doit être averti. Si c’est 50 %, le ministre doit s’expliquer au Parlement », pointe Amélie Pans.

Amlie Pans (MR), députée bruxelloise. ©DR »On ne peut pas mentir aux gens »
Quid de l’avenir du métro ? L’accord de gouvernement prévoit pour rappel de geler l’extension du métro vers Evere et de poursuivre le chantier en cours sur le tronçon sud en vue d’une exploitation par des trams. Au PS, des voix assurent que le métro vers Evere est loin d’être enterré et que le gouvernement actuel doit œuvrer à sa concrétisation. « On ne peut pas mentir aux gens : s’il n’y a pas d’argent, il n’y a pas d’argent », assène la députée Pans. « On n’est pas contre le métro mais on n’a pas les moyens. »
Pour la poursuite du chantier, reportée à la prochaine mandature, les libéraux plaident pour un partenariat public-privé (PPP), tout en revoyant le projet à la baisse, notamment au niveau du nombre de stations et de leur ampleur. Une révision des stations également mise sur la table par les socialistes.

©IPM Graphics
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