« Ce qui se passe, c’est qu’il y a des négociations en cours en Allemagne et qu’elles se déroulent très mal. La direction exerce une pression énorme sur les syndicats », explique Didier Lebbe, secrétaire permanent Aviation à la CNE.
Des licenciements qui ont mis le feu aux poudres
Le syndicaliste évoque également le cas des deux pilotes licenciés pour faute grave après avoir utilisé un « jump seat », une pratique courante dans le secteur aérien permettant aux membres d’équipage de voyager sur un siège disponible.
« Dans toutes les compagnies aériennes, le système du jump seat existe. Il permet notamment aux membres du personnel de rejoindre leur pays lorsqu’ils sont en congé ou entre deux rotations. Malgré cela, ces deux pilotes ont été licenciés pour faute grave. Cette décision a provoqué une forte indignation parmi les pilotes européens », ajoute Didier Lebbe.
Un avertissement adressé à Ryanair
Face à cette situation, les syndicats européens ont décidé d’interpeller directement la direction du groupe. « Nous voulons envoyer un signal fort au niveau européen. Un courrier va être adressé au conseil d’administration de Ryanair pour lui faire comprendre que si cette situation perdure, les conséquences pourraient être importantes et concerner l’ensemble de l’Europe », poursuit Didier Lebbe.
Le RTPG estime en effet que les négociations ressemblent davantage à une tentative d’imposer des décisions déjà prises qu’à une véritable recherche de compromis. Les représentants des pilotes craignent également que les méthodes dénoncées en Allemagne soient reproduites dans d’autres pays lors des futures renégociations de conventions collectives.
Les voyageurs doivent-ils s’inquiéter ?
À ce stade, aucune action n’est annoncée pour les prochaines semaines et les syndicats se veulent prudents concernant l’été. « Pour cet été, je dirais que non, il ne devrait pas y avoir de problème. Tout dépendra de l’évolution de la situation en Allemagne et des décisions qui seront prises là-bas », estime Didier Lebbe.
Le responsable syndical refuse toutefois d’exclure totalement de nouvelles tensions. « Avec Ryanair, on ne sait jamais. La compagnie prend parfois des décisions surprenantes, surtout pendant les périodes de vacances. »
Pour rappel, les syndicats ont décidé à la fin de l’hiver de s’associer collectivement, en cas de mouvement de grève. Un arrêt de travail dans un pays serait alors suivi dans tous les autres.
Une chose est sûre, la colère dépasse désormais les frontières de la Belgique. « Avec ce qui s’est produit la semaine dernière en Allemagne, l’ensemble des syndicats de pilotes européens est furax contre cette décision. Ce n’est certainement pas la meilleure façon de préparer les négociations qui doivent débuter à la rentrée », conclut-il.