Le foie, cet organe négligé mais essentiel

Organe clé du métabolisme, le foie filtre les toxines, régule l’énergie et participe à la digestion des graisses. Malgré ce rôle central, il est souvent oublié lors des bilans de santé courants. Une maladie silencieuse, la MASH (stéatohépatite métabolique), concernerait environ 1 million de Français qui l’ignorent, avec un potentiel d’évolution sévère en l’absence de prise en charge.

Comprendre la MASH et ses risques

La MASH débute fréquemment par une stéatose hépatique (accumulation de graisse), puis progresse vers une inflammation du foie. Sans intervention, elle peut conduire à une cirrhose ou à un cancer du foie. Le surpoids, le diabète de type 2 et la sédentarité figurent parmi les principaux facteurs de risque. Le piège réside dans sa discrétion clinique : la maladie avance souvent sans symptômes notables, d’où l’importance d’un repérage précoce.

Dépistage : des outils moins invasifs

Si la biopsie demeure une référence, elle est de plus en plus supplantée par des approches non invasives : tests sanguins (évaluation de la fibrose et de l’inflammation), FibroScan (élasticité hépatique) et IRM métaboliques. Ces techniques affinent le diagnostic et facilitent le suivi longitudinal.

Les avancées récentes élargissent l’accès au dépistage pour les personnes à risque, notamment parmi les 8 millions de Français qui présenteraient un « foie trop gras ». Une consultation ciblée et un bilan adapté peuvent modifier durablement l’évolution de la maladie.

MASH : des signaux parfois trompeurs

La MASH demeure souvent silencieuse pendant des années, mais certains indices peuvent orienter vers un dépistage.

Une fatigue persistante, fréquemment attribuée au stress ou au manque de sommeil.Des douleurs diffuses ou une gêne abdominale à droite.Dans les stades avancés : jaunissement des yeux ou de la peau, jambes gonflées, baisse générale d’énergie.

Ces manifestations, communes et peu spécifiques, sont régulièrement sous-estimées, retardant un diagnostic pourtant décisif.

Des traitements prometteurs

Au-delà des mesures d’hygiène de vie (perte de poids, alimentation équilibrée, activité physique régulière), de nouveaux traitements ciblent les mécanismes clés : le Resmetirom agit directement sur la fibrose, tandis que le Sémaglutide cible l’inflammation et améliore le profil métabolique. Ces approches offrent la possibilité de stabiliser, voire d’inverser, la progression de la maladie lorsque la prise en charge est initiée suffisamment tôt.