Par

Léa Nicosia

Publié le

29 juin 2026 à 18h23
; mis à jour le 29 juin 2026 à 18h38

Lorsqu’elle parle de santé féminine, les mots de Madeline Reynet ne sont jamais uniquement théoriques. Derrière ses conseils de diététicienne, il y a aussi son propre parcours.
À seulement 25 ans, cette habitante de Six-Fours-les-Plages a fait de son expérience personnelle une véritable vocation : accompagner les femmes atteintes de troubles hormonaux, de SOPK ou d’endométriose, des pathologies encore trop souvent méconnues.

Tout commence en 2021. À l’époque, Madeline a 20 ans lorsqu’une prise de sang révèle qu’elle est atteinte du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK).

Le SOPK, une maladie hormonale encore trop méconnue

Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est l’un des troubles hormonaux les plus fréquents chez les femmes en âge de procréer. On estime qu’il touche environ une femme sur dix, mais de nombreuses patientes restent encore non diagnostiquées.

Cette pathologie peut se manifester par des symptômes très différents d’une femme à l’autre : règles irrégulières ou absentes, difficultés à tomber enceinte, acné, pilosité excessive, fatigue, prise de poids, résistance à l’insuline ou encore chute de cheveux. Certaines femmes, comme Madeline Reynet, ne présentent pourtant aucun surpoids, preuve que les idées reçues persistent encore.

S’il n’existe pas de traitement curatif, une prise en charge adaptée peut permettre de mieux vivre avec la maladie. Elle repose notamment sur une approche globale associant suivi médical, activité physique, gestion du stress et alimentation adaptée.

« Mon médecin traitant m’avait dit que je n’avais pas le SOPK parce que je n’étais pas grosse. Finalement, le diagnostic est bien tombé. » Une phrase qui l’a profondément marquée. « Chaque femme présente des symptômes différents. Certaines prennent du poids, d’autres non. Il n’existe pas un seul profil de patiente. »

Quelques années plus tard, s’ajoute également une suspicion d’endométriose, diagnostiquée cliniquement. « La pilule masque énormément les symptômes. Beaucoup de femmes découvrent d’ailleurs leur SOPK lorsqu’elles l’arrêtent. Ce n’est pas une solution à long terme, c’est un message important que je souhaite transmettre. »

Une maladie qui change sa manière de voir son métier

À cette période, Madeline débute tout juste des études dans le domaine de la santé. Passionnée depuis toujours par la nutrition et le sport, elle s’imaginait déjà exercer un métier tourné vers le bien-être. Mais sa maladie lui ouvre une nouvelle perspective.

« Je ne savais pas que l’on pouvait inclure autant les maladies liées à la santé de la femme dans la prise en charge nutritionnelle. » En 2024, elle décroche son diplôme d’État de diététicienne-nutritionniste. Soucieuse d’aller plus loin, elle suit ensuite une formation auprès de Marie-Caroline Baraud, enseignante spécialisée en nutrition pour la santé féminine.

« Je voulais vraiment me former au SOPK, à l’endométriose et plus largement au cycle hormonal féminin. Ce sont des sujets dont on parle encore très peu. »

« La diététique ne se résume pas à la perte de poids »

Une idée reçue revient souvent dans son cabinet : « Beaucoup de personnes pensent qu’un diététicien sert uniquement à perdre du poids. En réalité, notre métier va bien au-delà. » Aujourd’hui, Madeline accompagne des femmes atteintes de SOPK, d’endométriose, de troubles digestifs, mais aussi des patientes en parcours de fertilité, en préménopause ou ménopause.

Selon elle, l’alimentation constitue un véritable levier. « Avec le SOPK, on travaille notamment sur la résistance à l’insuline, l’inflammation, le choix des nutriments, mais aussi sur le sommeil, le stress ou encore l’activité physique. C’est une prise en charge globale. »

Même lorsqu’aucun diagnostic n’a encore été posé. « Quand une femme sent que quelque chose ne va pas, elle le sait souvent. Je peux orienter vers un médecin pour réaliser des examens, mais en attendant, on peut déjà agir sur les symptômes. »

Adapter aussi le sport

Le sport occupe une place importante dans sa vie. Pendant ses études, Madeline pratiquait la boxe française, le CrossFit, l’haltérophilie ou encore la self-défense. Mais le diagnostic de SOPK l’oblige progressivement à revoir sa pratique : « J’ai dû accepter que les sports très intenses entretenaient mon inflammation. Je me suis tournée vers des activités plus douces comme le renforcement musculaire. »

Une expérience qu’elle met aujourd’hui au service de ses patientes. Coach sportive diplômée et professeure de Pilates, elle propose également des séances adaptées au sein de son cabinet.

Une approche globale de la santé

Nutrition, activité physique, massages bien-être ou encore drainage lymphatique : Madeline défend une approche complète. « J’avais envie d’accompagner les femmes dans leur globalité. »

Aujourd’hui, près de la moitié de sa patientèle est composée de femmes en ménopause. D’autres viennent pour un projet de grossesse, un SOPK, une endométriose ou encore une inflammation chronique, mais toutes partagent souvent un même sentiment. « Beaucoup me disent qu’elles se sont senties incomprises pendant des années. »

Sensibiliser pour que les femmes soient entendues

Sur les réseaux sociaux, la jeune Varoise publie régulièrement des conseils destinés à mieux comprendre le SOPK. Elle y explique notamment pourquoi le chiffre affiché sur une balance ne raconte pas toute l’histoire ou encore comment l’alimentation peut accompagner certaines pathologies hormonales. Son objectif est simple : informer.

« Le cycle hormonal féminin reste encore un sujet dont on parle trop peu. Si mon expérience peut permettre à d’autres femmes de se sentir comprises ou d’oser consulter, alors j’aurai réussi. »

Retrouver des conseils pour une alimentation anti-inflammatoire et sur la santé de la femme : @madeline_micronutrition
Téléphone : 07 69 79 75 38 
Mail : [email protected]

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