Les innovations dans le domaine de la défense ne cessent de gagner en performance. Preuve en est, l’US Air Force développe actuellement un missile air-air doté d’une portée de 1 600 kilomètres, une capacité inédite qui pourrait profondément transformer les combats aériens à longue distance. Comme l’explique Defense Express, si ce projet aboutit, cette arme offrirait une portée près de dix fois supérieure à celle des dernières versions de l’AIM-120D AMRAAM et dépasserait largement celle de l’AIM-174B, récemment mis en service.

Pour mener à bien ce projet, le Centre de gestion du cycle de vie de l’US Air Force (AFLCMC) prépare une réunion d’information à huis clos destinée aux entreprises de défense, afin de présenter les exigences relatives à ce nouveau missile développé dans le cadre du programme d’armement à longue portée de l’US Air Force (AFLRW). Un programme qui prévoit également de développer un missile air-sol à longue portée destiné à engager des systèmes de défense aérienne et des cibles maritimes.

Un missile aux défis d’ingénierie majeurs liés à sa portée

Ce missile à la portée hors du commun soulève d’importants défis techniques, notamment liés à la vitesse hypersonique qu’il devra, selon nos confrères, certainement conserver. En effet, à de telles distances, le temps nécessaire pour atteindre la cible devient un facteur critique. Par exemple, un missile se déplaçant à Mach 1,5 en moyenne mettrait environ 52 minutes pour atteindre une cible située à 1 600 km tandis que s’il allait à une vitesse moyenne de Mach 3, le trajet durerait environ 26 minutes.

Pendant ce temps, même un imposant avion de détection et de commandement aéroporté (AEW&C) volant à vitesse subsonique ne pourrait parcourir qu’environ 850 à 425 kilomètres, selon la vitesse du missile, rendant toute interception même préprogrammée impossible. C’est pourquoi l’arme de défense en cours de développement nécessitera des mises à jour continues de la cible en vol, ainsi qu’un recalcul permanent du point d’interception tout au long de sa trajectoire.

À en croire le média ukrainien, la détection et le suivi de cibles aériennes à des distances approchant les 1 600 kilomètres constituent un autre défi majeur. Les États-Unis devraient toutefois y remédier grâce au programme SB-AMTI (Space-Based Advanced Moving Target Indicator), une architecture de suivi satellitaire dont le contrat de développement a été attribué fin mai 2026.

Un missile qui présente des caractéristiques hors normes

Le futur missile AFLRW sera probablement trop volumineux pour la plupart des avions de chasse et devra être optimisé pour être embarqué à bord des bombardiers stratégiques. En effet, s’il est destiné non seulement au B-52, dont la durée de vie opérationnelle devrait se prolonger jusqu’aux années 2050, mais aussi au B-21 Raider de nouvelle génération, ses dimensions devront néanmoins rester compatibles avec la soute à armement interne du bombardier.

De même, l’obligation de maintenir une vitesse hypersonique suggère fortement l’usage d’un statoréacteur hypersonique à combustion supersonique. À défaut, une autre option pourrait être celle d’un missile balistique aéroporté capable d’atteindre des vitesses de pointe de 4 à 5 km/s, un concept plus proche du CH-AS-X-13 chinois, bien que ce système ait été développé principalement pour des frappes contre des cibles terrestres.