Wall Street joue la carte de la prudence avant une prise de parole très attendue
L’inflation a bondi aux Etats-Unis sous l’effet de l’envolée des prix de l’énergie qui a suivi la guerre au Moyen-Orient. Elle a atteint 4,1% sur un an en mai, soit le double de la cible de la Fed.
Kevin Warsh sait qu’il est attendu au tournant en raison du contexte de sa nomination. Il a été désigné par le président Donald Trump, qui a mené une campagne de pression contre son prédécesseur Jerome Powell.
« Nous sommes une banque centrale indépendante »
Le locataire de la Maison Blanche ne cache pas vouloir des taux d’intérêt nettement plus bas dans l’optique de stimuler l’économie. Il minimise régulièrement le risque qu’une telle détente alimente l’inflation, que la Fed est chargée de combattre.
Cela a placé une forme de soupçon originel au-dessus de Kevin Warsh.
« Cela fait très longtemps que nous sommes une banque centrale indépendante. Nous restons une banque centrale indépendante aujourd’hui, et cela ne changera pas », a-t-il insisté au Portugal.
« Les prix sont trop élevés », a-t-il souligné.
Il a remarqué néanmoins que les craintes en matière d’inflation s’étaient apaisées sur les marchés financiers, sur fond de détente au Moyen-Orient et de reflux des prix de l’énergie.
Kevin Warsh a posé comme principe de ne donner aucune indication sur la trajectoire possible de la politique monétaire, laissant les investisseurs interpréter les données économiques et chacun de ses propos.
Le fait qu’il insiste sur la volonté de retrouver la « stabilité des prix » (ce qui veut dire pour la Fed une inflation limitée à 2%) est vu comme une inflexion « faucon » pouvant présager un resserrement monétaire.
La banque centrale n’a pas touché à ses taux d’intérêt depuis décembre 2025.