Quentin Deranque ? « Nazillon ». LFI et la Jeune Garde ? « Des méthodes de Nazis ». Le RN ? « Les héritiers des Nazis ». Donald Trump ? « Nazi ». ICE, la police de l’immigration américaine ? « Tellement proches des méthodes d’Hitler », nous disent Conner Rousseau et Frank Vandenbroucke, au grand dam de l’ambassadeur des USA en Belgique Bill White, sorte de Donald Trump en petit. La RTBF ? « Gestapiste », tweete-t-on, retweete-t-on, sur les réseaux (a) sociaux. Les antifa ? Juste, « fa », imprime-t-on en Une d’un magazine hexagonal théoriquement de gauche. GLB ? « Facho », nous dit sur tous les tons une opposition déchaînée…

Début 2026, le fameux point Godwin fait un retour en force dans une actualité plus polarisée que jamais. Employé comme stratégie de destruction, si pas de distraction massive, on sort le mot compte-triple au Scrabble de la disqualification, à tout va. Sauf qu’à traiter tout le monde de nazi, on vide le mot de sa gravité, de sa substance, de son poids historique. Si tout le monde est nazi, qui l’est encore vraiment ?

Conner Rousseau interdit d’entrée aux États-Unis : Frank Vandenbroucke qualifie cette décision de scandaleuse

Jamais le débat n’a été aussi accessible. Jamais le monde n’a offert autant de moyens de faire son leur opinion. Et jamais le débat n’a été aussi pourri, violent, déresponsabilisé. Jamais l’humanité n’a eu autant d’outils pour dialoguer ; jamais elle n’a semblé aussi incapable de s’écouter. On ne cherche plus la vérité, on cherche le scalp. Bienvenue dans l’ère du néant, où le dernier qui crie « nazi » a raison par épuisement des autres.

Après ses critiques contre l’ICE, Conner Rousseau est « officiellement interdit d’entrée aux États-Unis »

Le nazisme fut une tragédie, l’une des plus graves de l’humanité. En faire un adjectif lambda, qu’on s’envoie à longueur de journée, c’est déjà une défaite.

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