Deux récents cas de rage chez des enfants outre-Atlantique, dont un mortel, poussent les spécialistes à rappeler les démarches à suivre après tout contact avec une chauve-souris.Dans l’un des deux cas, aucune morsure ni griffure n’était visible.
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C’est une maladie qui, dans l’Hexagone tout du moins, évoque des temps anciens. La rage fait parler d’elle ces jours-ci outre-Atlantique après deux récents cas infantiles, l’un canadien, l’autre américain. Le 23 juin dernier à Tigerton (États-Unis), une fillette de 6 ans a été mordue à la jambe par une chauve-souris alors qu’elle était en train de jouer devant chez elle. Or, des analyses menées par la suite ont montré que l’animal était porteur de la rage indique le média américain WBAY (nouvelle fenêtre) qui s’est fait l’écho de ce cas, précisant que l’enfant a reçu le jour même une première injection antirabique sur les quatre prévues.
En cas de contact direct avec ces animaux, certains réflexes sont de mise. « Assurez-vous de bien nettoyer la zone touchée avec de l’eau et du savon, puis appelez immédiatement votre médecin ou les urgences », insiste Nick Mao, agent de santé du département de santé du comté de Shawano-Menominee, auprès de nos confrères.
« Les chauves-souris présentent un risque particulier »
Si dans cette affaire, la fillette a toutes les chances d’être sauvée, un autre cas rapporté à quelques jours d’intervalle, s’est révélé fatal pour la jeune victime. Ce dernier concerne un garçon de 11 ans, mort de la rage en Ontario (Canada) après s’être réveillé avec une chauve-souris posée sur le visage, sans morsure ni griffure visible, à l’été 2024. Il a été décrit par des médecins spécialisés dans les maladies infectieuses dans un article publié le 29 juin dans le Journal de l’Association médicale canadienne (nouvelle fenêtre). « La rage est presque toujours fatale, sans thérapie efficace établie, ce qui rend la prévention cruciale », écrivent les auteurs qui alertent sur les bons réflexes et certains pièges : « Les chauves-souris présentent un risque particulier car les morsures ou griffures peuvent être petites et facilement négligées, et les patients peuvent ne pas se souvenir ou reconnaître une exposition à une chauve-souris ».
« Tout contact humain direct avec une chauve-souris, même en l’absence de morsure ou de griffure visible, constitue une indication de PEP (prophylaxie postexposition) et doit être discuté avec les autorités de santé publique », insiste le Dr Brian Hummel, l’un des principaux auteurs de l’article et médecin en maladies infectieuses à l’Hôpital pour enfants McMaster, à Hamilton. À titre de repère, seuls 28 cas ont été signalés au Canada depuis 1924 et aucun n’avait été contracté en Ontario depuis 1967, avant la mort de l’enfant de 11 ans.
Comment contracte-t-on cette maladie ?
Le virus de la rage est présent dans la salive des animaux infectés et se transmet « par contact direct avec la salive d’un animal contaminé par morsure, griffure ou encore léchage », explique sur son site l’Institut Pasteur (nouvelle fenêtre), qui signale toutefois que la France « est indemne de rage des mammifères terrestres non volants depuis 2001 (tous les mammifères sauf les chauves-souris) ».
Si « le poids de la maladie est supporté essentiellement par l’Afrique et l’Asie où le chien est le principal vecteur de transmission à l’homme », complète l’Institut Pasteur, elle est également présente « en Europe, où les chauves-souris peuvent être infectées par certains lyssavirus, différents de celui du chien ».
Quel risque de transmission à l’humain en France ?
La France compte parmi les pays où le risque d’attraper la rage est insignifiant. Si les cas de transmission à l’humain restent extrêmement rares sur notre territoire, ils existent toutefois. Au mois de mars 2024, un patient de l’hôpital de Cayenne, en Guyane, est décédé après avoir contracté la rage. Cinq ans plus tôt, en 2019, un homme, régulièrement exposé à des chauves-souris à son domicile, était mort à Limoges (Nouvelle-Aquitaine) à la suite d’une infection attribuée à un lyssavirus de type European Bat Lyssavirus 1 (EBLV-1).
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Il s’agissait alors du premier cas de rage contracté sur le territoire métropolitain depuis 1924. En octobre 2017, c’est un garçon de 10 ans qui avait succombé à la maladie à Lyon après avoir contracté le virus à la suite d’une morsure de chien, quelques semaines plus tôt, au Sri Lanka. Ainsi, depuis 1970, seuls une vingtaine de précédents ont été répertoriés et tous concernaient des personnes ayant contracté la maladie à l’étranger.
Audrey LE GUELLEC
