Près de 80 cas de Powassan, une maladie rare et mortelle transmise par les tiques, ont été détectés aux États-Unis en 2025.Il s’agit du bilan annuel le plus élevé jamais enregistré.Les chiffres sont également en hausse au Canada et en Russie où le virus est aussi présent.

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C’est le plus important vecteur d’agents pathogènes responsables de maladies infectieuses (nouvelle fenêtre). Si les tiques sont surtout redoutées en raison du risque de contracter la maladie de Lyme, l’encéphalite à tiques ou encore la fièvre hémorragique de Crimée-Congo, d’autres maladies, moins connues, peuvent être transmises par ce parasite. C’est notamment le cas du virus Powassan, du nom d’une ville de l’Ontario (Canada) où il a été découvert, qui met actuellement la communauté scientifique en alerte Outre-Atlantique. 

Pour cause : 76 cas de cette maladie ont été signalés en 2025 aux États-Unis, dont 27 en Nouvelle-Angleterre, rapportent les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (nouvelle fenêtre) (CDC) du département de la Santé et des Services sociaux, soit le bilan annuel le plus élevé jamais enregistré. À titre de repère, 397 cas ont été recensés au cours de la décennie précédente (2016-2025).

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Le Centre de contrôle et de prévention des maladies (nouvelle fenêtre) (CDC) a notamment confirmé le 23 juin dernier un cas de virus Powassan chez un résident du comté de Penobscot dans le Maine. Quelques jours plus tôt, le 11 juin, les médias locaux ont quant à eux rapporté le cas d’un habitant de Concord dans le New Hampshire, hospitalisé dans un état grave après avoir contracté la maladie à virus Powassan à la suite d’une piqûre de tique. Un cas a également été confirmé dans l’État de Rhode Island chez un homme d’une soixantaine d’années, résidant dans le comté de Providence, après l’apparition des premiers symptômes en mai dernier. 

De quoi parle-t-on ?

Le virus Powassan est « un flavivirus transmis par les tiques, principalement par Ixodes scapularis (tique à pattes noires ou tique du cerf), dans le nord-est des États-Unis et la région des Grands Lacs », peut-on lire sur le site spécialisé mesvaccins.net (nouvelle fenêtre) qui consacre un article à la situation aux États-Unis, soulignant que la période d’incubation varie d’une à cinq semaines environ. « Contrairement à la maladie de Lyme, qui nécessite une fixation prolongée de la tique, le virus Powassan peut être transmis en un laps de temps plus court, réduisant considérablement la période propice à un retrait efficace des tiques à titre préventif », est-il encore précisé.

S’agissant des symptômes, si de nombreuses personnes infectées restent asymptomatiques, certaines développent une atteinte neuro-invasive (encéphalite, méningite ou méningo-encéphalite), et des séquelles neurologiques persistent pour près de la moitié des patients survivants. Dans ces cas de formes graves, la maladie se manifeste par de la fièvre et une détérioration neurologique progressive, incluant des troubles de la conscience, des convulsions, une aphasie, une parésie, des troubles moteurs et des paralysies des nerfs crâniens. Si l’hospitalisation s’impose alors, la prise en charge est exclusivement symptomatique, car il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique pour ce virus. 

Outre l’augmentation des cas aux États-Unis, les chiffres sont plus largement en hausse là où le virus est endémique, à savoir au Canada et en Russie. Le Canadian Medical Association Journal (CMAJ) avait déjà, à ce titre, alerté en août dernier sur la propagation du virus dans une étude. 

Audrey LE GUELLEC