Conclave musclé
Aujourd’hui, pourtant, cette réforme semble avoir du plomb dans l’aile. Une série d’éléments conjoncturels ont grevé le budget, telle la guerre en Iran qui a fait grimper les prix des carburants. En prévision du conclave budgétaire de la rentrée, « qui s’annonce musclé » dixit la majorité, des réflexions circulent sur les outils à mobiliser pour soulager les finances publiques. La révision de la réforme des droits de succession pourrait être l’un de ces outils.
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Adrien Dolimont ne s’en cache pas. Pour le ministre-président wallon, quelques millions d’euros peuvent être trouvés en jouant sur les paramètres d’application du décret. Il avait été calculé que la réforme coûterait 400 millions d’euros à la région wallonne. Le libéral veut en garder « quelque chose d’efficace pour une majorité de la population », a-t-il récemment déclaré à La Libre, « mais peut-être pas ce qui a déjà été voté ».
Un constat qu’il avait déjà posé à plusieurs reprises au fil de précédentes interviews, indiquant ici à L’Écho que la réforme pouvait être « amendée, dans sa temporalité ou ses modalités » ou, plus tôt encore, au Soir, qu’elle pouvait être « postposée », « modulée » voire mise en pratique « de manière plus progressive ».
Contacté jeudi, le cabinet Dolimont nous répond sensiblement la même chose. « À ce stade, elle a été votée. Il faudra voir si on la garde dans son format actuel. Des modalités pourraient être analysées dans le cadre des discussions budgétaires. »
Revoir le totem
Du côté des Engagés, on n’est pas non plus contre une révision du modèle voté. Récemment interrogé par la RTBF sur l’avenir des finances wallonnes, Yves Coppieters, ministre de la Santé, s’est dit ouvert à une révision de la réforme au nom de la tension qui pèse sur le budget régional. Une réflexion qu’il avait déjà ouverte… en septembre 2025, au grand dam de Maxime Prévot.
Il se raconte que l’ancien président des Engagés n’avait que très peu goûté à cette sortie qui venait flinguer un des grands acquis du parti. Aux fêtes de Wallonie, Maxime Prévot avait alors accosté son ministre pour lui signifier d’être plus prudent dans ses déclarations publiques.
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Dans son programme électoral de 2024, le parti centriste avait, en effet, fortement décrié cette « taxe sur la mort », jugeant qu’elle devait être remplacée par un taux fixe pour toutes les transmissions. « Nous sommes favorables à la suppression des droits de succession et à la mise en place d’une taxe sur les transmissions de 4 à 5 % par exemple », écrivaient Les Engagés, précisant que ces droits étaient « injustes ».
Aujourd’hui, le mouvement ne semble toutefois plus opposé à l’idée de toucher à ce totem. « Au vu de l’effort budgétaire qu’on va devoir réaliser, on ne peut pas avoir de tabou. »