La réouverture, ce vendredi 3 juillet, de l’ancienne chapelle du pénitencier lance une saison culturelle inédite avec, notamment, l’exposition de l’immense photographe Raymond Depardon. Après deux ans de travaux l’inauguration est prévue à 18 h.
C’est un projet d’envergure, qui débute en 2010, quand la communauté de communes Vallée de l’Hérault (CCVH) décide de racheter l’ancienne abbaye. Celle-ci présente des signes inquiétants de dégradation, et des travaux d’urgence sont entrepris, notamment le remplacement complet de la toiture de la chapelle, effondrée un soir d’orage en 2012.

Exposition « Au delà de l’image » dans certaines médiathèques de la CCVH
J.F ARNICHAND

Raymond Depardon, un oeil sensible sur l’humanité.
© Raymond Depardon / Magnum-Photos – Raymond Depardon / Magnum Photos
Tour à tour filature, pénitencier pour prisonniers isolés de la société, colonie pénitentiaire pour enfants et enfin institut spécialisé d’éducation surveillée, elle a tout connu des heures sombres, du doute, d’une humanité fracturée. De destruction en reconstruction, l’ancienne abbaye renaît de ses cendres pour s’ouvrir à un renouveau culturel. Ainsi se construit « L’abbaye des possibles » avec cette nouvelle impulsion. La réouverture de la chapelle de l’ancien pénitencier lance la saison culturelle autour de ce site emblématique millénaire.
Un grand observateur du réel
Et la CCVH a décidé de frapper un grand coup, avec l’exposition consacrée au travail de Raymond Depardon, « Le bonheur est dans l’image ». C’est évidemment l’évènement de cette réouverture, tant il est une figure majeure de la photographie contemporaine et du cinéma documentaire (deux films tournés en 2012 et 2016 seront d’ailleurs projetés cet été). Autour de son travail, l’exposition « Au-delà de la carte postale » est déjà dans certaines bibliothèques de la CCVH (voir encadré). Ce travail trouve son origine à la fin des années 1980, lorsque le Ministère de l’Environnement lance l’Observatoire national photographique du paysage. Vingt observatoires sont créés en France, dont celui de l’Hérault, confié à Raymond Depardon. Ce travail a été poursuivi par le CAUE (Conseil d’Architecture, de l’Urbanisme et de l’Environnement) et l’Observatoire photographique mis en place en 2010 par le Grand site de France, conçu comme un outil de suivi et d’aide à la décision politique.

Une exposition autour du travail de Raymond Depardon dans des bibliothèques de la CCVH
Service communication / CCVH
Ce soir, après deux ans de travaux, la réouverture de la chapelle du pénitencier sera empreinte de solennité, avec une inauguration officielle en présence des élus, des représentants de l’État et des financeurs (18 h), mais également d’une certaine impatience de découvrir ce lieu chargé d’histoire. Le vernissage de l’exposition est attendu par les habitants de la commune et plus largement de la vallée de l’Hérault. Il sera suivi d’un moment rare, avec un concert de Mathias Duplessy et Les violons du monde (20h).
Au delà de la carte postale, jusqu’au 31 juillet
La bibliothèque de Montpeyroux fait partie des six établissements de la Vallée de l’Hérault qui accueillent, jusqu’au 31 juillet, l’exposition photographique « Au-delà de la carte postale (sous l’oeil de Raymond Depardon et de l’Observatoire géographique des paysages du Grand site de France Gorges de l’Hérault) ».
le but est de révéler le paysage quotidien et ordinaire et ses changements dans le temps. Non pas magnifier les monuments mais scruter ce que l’on appelle le patrimoine vernaculaire, à l’image de Font Chaude à Montpeyroux.
Une photo réalisée par Depardon en 1992 aux Lavagnes (commune de Saint-Guilhem) est mise en parallèle avec le même lieu saisi en 2020 par Frédéric Hebraud, « Montpeyroux, le Barry » confronte une carte postale ancienne et des vues de 2022 tandis que des clichés de Lagamas signés Henri Comte, montrent à la fois les permanences et les évolutions du paysage entre 2010 et 2024. L’enclos du cimetière demeure, avec ses cyprès et ses murets de pierres sèches, tandis qu’on observe la mutation des parcelles agricoles où les prairies remplacent la vigne.
Les photos de Raymond Depardon, prises dans l’Hérault et en Lozère, sont à découvrir dans le magnifique ouvrage, « Rural », disponible à la bibliothèque de Montpeyroux. La beauté du noir et blanc y apparait dans tout son dépouillement.
Les bibliothèques qui accueillent aussi l’exposition : Aniane, Saint-Bauzille-de-la-Sylve, Montarnaud, Pouzols, Tressan.
Le financement des travaux :
Le coût de la rénovation de la chapelle s’élève à 2,47 millions d’euros HT, dont 67 % financés par : l’Etat, 37 % (crédits DRAC, DETR/DSIL et Fonds vert), le Fonds européen FEDER, 18 %, le Département de l’Hérault, 7 %, la Région Occitanie, 4 % ainsi que par la soucription de la Fondation du patrimoine.