Une villa immergée dans une nature luxuriante
Key Biscayne, l’eau et les mangroves s’étirent jusqu’à l’horizon. Face à la baie de Miami, entre la mer et la végétation luxuriante, cette petite île fut le terrain de jeu des architectes des années 1930, comme en témoignent les villas rationalistes qui s’y alignent le long de la côte. Le lieu, mythique pour son style Art déco tropical encore préservé, appelait une architecture à la fois fidèle à son passé et plongée dans la nature/

La villa, dont le jardin donne sur l’océan, fait aussi corps avec la nature, entre palmiers et mangrove.
© Fernando Marroquin
Sur la terrasse, une œuvre murale de Roger Capron (1977) et, à droite, trois jardinières Diabolo Models de Willy Guhl, 1950. / Roger Capron, Adagp, Paris, 2026
© Fernando Marroquin
C’est ainsi que l’architecte Luis Laplace et son associé Christophe Comoy sont entrés en scène. Charmés par l’environnement insulaire, « l’air marin et les mangroves », les fondateurs de l’agence parisienne Laplace ont dessiné, pour des amis péruviens, la maison de vacances de leurs rêves, entre héritage floridien et notes méditerranéennes emblématiques de leurs réalisations. « Puisque l’on est sur l’eau, on peut amarrer son bateau et partir en croisière jusqu’aux Bahamas. » Digne d’un James Bond, cette réplique de Luis Laplace donne une certaine idée du décor qui entoure la villa qu’il a construite.
Palmiers, ponton et… alligators !
Ouvert sur l’océan, le jardin s’étend jusqu’au ponton où les propriétaires ont, effectivement, laissé leur embarcation personnelle. L’extérieur, repensé avec un paysagiste, exhibe un condensé de nature floridienne, riche de toutes sortes de palmiers – « et d’alligators partout ! », relève l’architecte. Pensé dans le langage typique de Miami, le bâti dévoile une architecture pure en béton, aux murs blancs texturés et brise-lumière de circonstance ; « avec une intervention plus contemporaine au niveau des ouvertures », précise le duo de Laplace, qui a dû composer avec les réglementations locales, dictées par le risque d’ouragans.

Dans le salon, à gauche, une table d’appoint de Carlo De Carli (Sormani), 1955 ; à droite, un fauteuil de Joe Colombo des années 1960. Chandelier Stilnovo des années 1950. Au mur, un tableau de George Rouy. / Courtesy George Rouy, Hannah Barry Gallery and Hauser & Wirth
© Fernando Marroquin