Le motard est blessé gravement au niveau des testicules, précise à l’AFP une source proche du dossier.

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Il « a indiqué être passé au vert et avoir été percuté par une voiture avec gyrophare arrivant par sa droite, qu’il avait vue trop tard », souligne le parquet, ajoutant qu’un témoin a indiqué que le véhicule était passé au rouge.

Le conducteur de la voiture, 53 ans, « a confirmé avoir fait usage du deux-tons », la sirène de la police, « et que la présence d’un camion avait pu restreindre la visibilité », poursuit-il.

Fin juin, après les révélations de Mediapart, l’ancien Premier ministre avait indiqué regretter « profondément » cet accident, sur le réseau social X.

Sollicité par l’AFP, l’entourage de Jean-Pierre Raffarin n’a pas souhaité faire de commentaire et indiqué: « La justice a été saisie et donc on va la laisser faire son travail ».

« Ils ne m’ont pas aidé »

Dans une interview à Mediapart, Victor (prénom d’emprunt), 30 ans, dit ne pas se souvenir avoir entendu la sirène « sur le moment ».

Ni le chauffeur, « ni M. Raffarin ne se sont souciés de moi. Ils ne m’ont pas aidé, ne m’ont pas parlé et n’ont pas pris de mes nouvelles », regrette-t-il.

D’après un témoin, cité par Mediapart, une fois la police sur place, « Jean-Pierre Raffarin est parti discrètement à pied (…) sans s’enquérir du blessé au sol ».

A l’heure actuelle, M. Raffarin n’a ni vu, ni appelé la victime, indique une source proche du dossier.

« Je me suis rendu immédiatement à l’hôpital pour prendre des nouvelles et laisser mes coordonnées », s’est défendu l’ancien Premier ministre fin juin, sur X.

L’ancien sénateur de 77 ans s’est en effet rendu à l’hôpital, sans pouvoir le voir, et a laissé un mot, confirme Victor.

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« Dans cette lettre, il incrimine complètement son chauffeur », explique-t-il au média d’investigation.

« À la fin, il précise regretter tout cela et laisse son numéro de téléphone pour me proposer son aide si besoin. Pour moi, il a clairement agi après un conseil politique qui a dû lui être donné », pense le jeune homme, qui ne sait pas encore s’il y aura des conséquences sur sa fertilité.

Question sur la voiture de fonction

Me Matteo Bonaglia, avocat de Victor, n’a pas souhaité faire de commentaire à ce stade de l’enquête.

Il confirme néanmoins « avoir déposé une plainte quelques jours après l’accident, surtout pour solliciter la réalisation d’un certain nombre d’actes d’enquête » dont il redoutait « qu’ils ne soient pas réalisés à temps » et pour éviter « que les preuves dépérissent ».

Cet accident soulève également la question de la voiture de fonction attribuée à Jean-Pierre Raffarin.

Depuis septembre et un décret du gouvernement supprimant les derniers avantages « à vie » des anciens Premiers ministres, M. Raffarin, à Matignon entre 2002 et 2005, ne pouvait plus bénéficier de l’usage d’un véhicule et d’un chauffeur.

Fin juin, Jean-Pierre Raffarin a expliqué qu’il en bénéficiait en lien avec sa « mission officielle temporaire et non-rémunérée quant aux relations sino-françaises », attribués par le Quai d’Orsay.

Sur les circonstances de l’accident, Victor affirme à Mediapart que, d’après les policiers, le conducteur « roulait à 60 km/h ».

Jean-Pierre Raffarin a déclaré au média en ligne que le chauffeur a ralenti et activé le gyrophare « en raison d’une situation confuse au carrefour ».

M. Raffarin a demandé à son chauffeur de l’actionner, selon une note du Quai, citée par Mediapart.