La Ministère du Travail, de la
Santé et des Solidarités accueillait, ce 2 Juillet 2026, les Assises de la
Médecine nucléaire, organisées par le Collectif pour un accès équitable à la
médecine nucléaire théranostique.

Une forte affluence pour les
Assises de la médecine nucléaire

L’objectif de cette journée était
de faire le point sur les pratiques françaises en matière de Radiothérapie
Interne Vectorisée (RIV) et d’aboutir, à moyen terme, à la constitution d’un
authentique Plan de médecine nucléaire thérapeutique. Environ 200 personnes ont
répondu à cet appel, représentant l’ensemble des composantes de la spécialité,
médecins nucléaires, radio pharmaciens, physiciens médicaux et MERM, auxquels
sont venus s’ajouter des industriels et institutionnels.

Cette affluence a été symbolique
de l’engouement que suscite la RIV dans cette communauté depuis la réforme dont
la médecine nucléaire a fait l’objet en 2027, période au cours de laquelle elle
a obtenu l’autorisation d’accéder à la mention B, la faisant passer ainsi d’une
habilitation de détention de gamma cameras à une autorisation de soins. Le Pr
Florent Cachin, Président du Conseil National Professionnel (CNP) de Médecine
nucléaire a rappelé, à ce titre, que la spécialité avait alors connu un
changement majeur en termes de reconnaissance, mais pas seulement.

Des prévisions de forte
croissance de la RIV à moyen terme

ImageLa RIV recrute en effet un nombre
toujours plus important de patients, notamment pour le traitement du cancer
métastatique de la prostate résistant à la castration par 177Lu-PSMA, avec des
prévisions faisant état de 50 000 traitements par an à l’horizon 2030, pour des
traitements qui interviennent de plus en plus tôt dans le parcours de soins. Et
tous les orateurs de la journée s’accordaient pour dire que ce succès
deviendrait difficile à gérer si l’ensemble de la communauté ne se mettait pas
en ordre de marche dès maintenant.

Le député Michel Lauzzana,
Président du Groupe d’études Cancer à l’Assemblée nationale, appelait de ses
vœux des Lois de Financement de la Sécurité Sociale (LFSS) pluriannuelles afin
d’engager des projets de long terme, quand le Dr Georges-Philippe Fontaine,
Président du Syndicat National de Médecine Nucléaire (SNMN), proposait
l’engagement du secteur privé à participer à cet élan, promettant une mise à
niveau des structures libérales pour accéder à la fameuse Mention B,
indispensable pour exercer cette activité.

Une proposition de Loi pour
promouvoir la médecine nucléaire thérapeutique

Mais deux annonces ont retenu
l’attention des participants à cette journée. La première a été faite par le
Sénateur Khalifé, qui a déposé une proposition de Loi « visant à accélérer
le développement de la médecine nucléaire thérapeutique en oncologie » que
l’Assemblée nationale étudiera en Octobre 2026 et pour lequel il fonde beaucoup
d’espoirs.

Ce texte synthétise les axes de
progression que la spécialité doit suivre dans ce cadre, à savoir
l’élaboration, par le Gouvernement, d’un plan « médecine nucléaire
thérapeutique » de 5 ans et financé pour accompagner le développement de
cette spécialité, la création d’un parcours de soins pour les patients
bénéficiant de la RIV accompagné d’une rémunération forfaitaire spécifique, la
mise en place d’un exercice en pratique avancée pour les MERM en médecine
nucléaire thérapeutique ou la création d’un diplôme de docteur en physique
médicale notamment, le tout bénéficiant de l’engagement financier de l’État.

Un projet d’innovation
organisationnelle de type Article 51

La seconde annonce a été faite
par Catherine Martre, Directrice Générale de France Biotech, sur le thème de
nouvelles organisations des parcours de soins de RIV sur le modèle des
innovations de type Article 51. À partir du Rapport élaboré par cette institutionen 2025, il y est question d’une forte modification des organisations et d’une
évolution des compétences des acteurs de la spécialité pour répondre à
l’émergence de la RIV, notamment par la mise en place de financements
expérimentaux afin, notamment, de mieux valoriser les activités de
théranostique au travers d’un financement au forfait, de donner davantage de
visibilité aux établissements sur la pérennité des financements alloués à la
RIV, de mieux dimensionner les besoins en ressources humaines au sein des
services ou de faire monter en compétences les MERM et les physiciens médicaux
notament.

On l’aura compris, la RIV est
considérée aujourd’hui comme une révolution et donne naissance, comme l’a
rappelé le Pr Cachin en conclusion, à une nouvelle oncologie médicale. Elle a
besoin aujourd’hui d’être accompagnée en termes de structuration des soins, de
parcours intégrés, de ressources humaines augmentées en nombre et en
compétences, de solutions innovantes de financement et d’une qualité de prise
en soins irréprochable, sans compter la poursuite de son engagement dans la
recherche clinique et l’optimisation de la dosimétrie des patients. Tout un
programme…