« Je n’ai tout simplement pas encore eu le temps de me raser les jambes, rigolait le coureur de chez Visma | Lease a Bike. Je me plie à cet esthétisme pour les courses, mais jamais lorsque je suis engagé dans des périodes d’entraînement. Je sais que le coup d’envoi de ce Tour se rapproche, mais tout rentrera dans l’ordre pour samedi, j’ai mis cette tâche à mon agenda de ce vendredi… » Un discours léger et rigolard qui traduit bien le nouvel état d’esprit de l’ancien poissonnier dont on oublie parfois qu’il est invaincu depuis le début de la saison (victoire sur Paris-Nice, le Tour de Catalogne et le Giro). Une approche à l’opposé de celle de son rival slovène qui compte moins de la moitié de jours de course (36 contre 16). Deux versants pour un même sommet.

Leur préparation »C’était le bon choix de passer du temps avec Urska »

Tadej Pogacar : « C’est vrai que je n’ai disputé que seize jours de course (pour 13 victoires) depuis le début de la saison, mais les kilomètres qu’on avale à l’entraînement comptent aussi et je peux vous assurer que j’ai bien travaillé (rires)… Je me sens prêt. J’ai préféré passer du temps avec ma compagne Urska après son accident sur le Tour de Suisse (NdlR : plutôt que d’aller en stage d’altitude à Isola 2000) et c’était le bon choix. Avec une fracture de la mâchoire, s’alimenter n’a vraiment pas été simple. Désormais, elle va beaucoup mieux et est même déjà remontée sur son vélo même si les médecins lui avaient conseillé de patienter encore un peu. Elle possède une force mentale incroyable ! »

Jonas Vingegaard : « Je ne suis pas sorti essoré de ma victoire sur le Giro et j’ai pu reprendre un entraînement sérieux après une semaine au cours de laquelle j’ai d’abord veillé à récupérer et profiter de ce succès. J’ai passé une bonne partie du mois de juin en stage d’altitude à Tignes et je me sens vraiment mieux que l’année dernière au moment du Grand Départ. Plus fort, mais aussi et même surtout plus heureux et épanoui sur le plan mental. C’est une dimension importante. Ma saison a été très réussie jusqu’ici et cela m’enlève une forme de pression. Je suis aussi sorti d’une forme de routine qui commençait à me peser après des années à faire la même chose. »

Leur rivalité »Jonas n’est pas le seul à pouvoir me suivre »Slovenian Tadej Pogacar of UAE Team Emirates-XRG and the Sagrada Família pictured at the team presentation of the 2026 Tour de France cycling race, Thursday 02 July 2026, in Barcelona, Spain. The 113th edition of the Tour de France starts on Saturday 4 July in Barcelona, Spain, and will finish in Paris, France on the 26th of July. BELGA PHOTO DAVID PINTENSSlovenian Tadej Pogacar of UAE Team Emirates-XRG and the Sagrada Família pictured at the team presentation of the 2026 Tour de France cycling race, Thursday 02 July 2026, in Barcelona, Spain. The 113th edition of the Tour de France starts on Saturday 4 July in Barcelona, Spain, and will finish in Paris, France on the 26th of July. BELGA PHOTO DAVID PINTENSPogacar a déjà pu tester sa popularité auprès du public espagnol. ©Belgaimage

Tadej Pogacar : « Ces dernières années, je crois qu’on a livré quelques batailles spectaculaires avec Jonas, et j’espère que cela sera encore le cas pendant plusieurs saisons. C’est un gars pour qui j’ai beaucoup de respect, mais je ne le vois pas comme le seul coureur capable de me suivre dans les moments clés de ce Tour de France, il y en a d’autres croyez-moi. À commencer par celui qui se trouve à ma droite (il se tourne vers son équipier Del Toro en souriant). Ce que je souhaite à Isaac pour sa découverte de cette épreuve ? Gagner le Tour tout simplement ! »

Jonas Vingegaard : « Je pense toujours que Tadej est le meilleur coureur du monde, et c’est une fierté d’être l’un des gars qui a réussi à le battre ces dernières années. Quand vous vous rendez compte qu’il ne peut plus tenir votre roue, cela procure un sentiment incroyable. Mes victoires du passé face à Tadej me motivent à réussir la même chose cette année. Je veux être un de ceux capables de lui mettre des bâtons dans les roues ! »

Leur collectif »L’absence de Wout, c’est une énorme perte »

Tadej Pogacar : « Cette année, on s’avance au départ du Tour avec une super équipe ! Plus les années défilent et plus je prends du plaisir à passer du temps avec ces gars. Je n’ai pas beaucoup couru depuis le début de la saison, comme je le disais en amont, mais cela accentue un peu plus encore le plaisir que j’ai à me replonger dans cette ambiance collective. Vous pouvez me croire, je continue vraiment de m’amuser sur le vélo ! »

Jonas Vingegaard : « Ne pas pouvoir compter sur Wout, c’est évidemment une énorme perte pour le contre-la-montre par équipes de samedi, mais pas seulement. C’est un gars d’une telle polyvalence… Malgré son forfait, nous possédons tout de même une équipe extrêmement bien balancée à mes yeux. Nous avons envie de commencer fort sur le chrono par équipes de samedi, et la présence de cet exercice très particulier a d’ailleurs impacté certains choix de notre sélection. Si cela ne se passe pas bien, on peut déjà y abandonner un temps précieux… Pour la montagne, je pourrai à nouveau m’appuyer sur Sepp Kuss qui m’a accompagné dans chacun de mes quatre précédents succès en grands tours. »

Des relais à plus de 70 km/h, un nouveau vélo et une simulation de départ : on a suivi Remco Evenepoel dans sa préparation du chrono par équipes