Près de deux ans après la spectaculaire redécouverte d’un premier exemplaire de L’Âge mûr, un deuxième bronze de cette œuvre majeure de Camille Claudel, conçue entre 1893 et 1898, refait surface dans des circonstances tout aussi inattendues. Conservée depuis des décennies par une famille qui ignorait son importance, la sculpture sera mise aux enchères le 20 septembre à l’hôtel Drouot, avec une estimation de départ de 1,5 million d’euros.

Fait extraordinaire, c’est la médiatisation de la précédente vente qui a permis cette découverte. En février 2025, un premier exemplaire de L’Âge mûr, retrouvé quelques mois plus tôt dans un appartement parisien inhabité, était adjugé 3,6 millions d’euros. Huit jours seulement après cette vente, une famille d’Île-de-France contacte le commissaire-priseur Matthieu Semont : en voyant les images diffusées à la télévision, ses membres ont reconnu la sculpture qui leur est parvenue lors d’une succession.

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Réapparue plus d’un siècle après sa première présentation

Pour les experts du cabinet Lacroix-Jeannest, la surprise est de taille. Ce bronze, numéroté 5, avait en effet disparu des radars depuis ses premières présentations à la galerie du fondeur Eugène Blot en 1907 et 1908. Signée « C. Claudel », l’œuvre porte le cachet de Blot, proche soutien de la sculptrice, qui fut l’un des rares à défendre son travail.

Créé à la fin des années 1890, L’Âge mûr est considéré comme l’un des chefs-d’œuvre de Camille Claudel. Animée de ce souffle incomparable propre à l’artiste, qui parvient à donner un élan, une souplesse et une expressivité inouïs au bronze, la composition met en scène trois figures : un homme entraîné par une femme âgée tandis qu’une jeune femme agenouillée tente désespérément de le retenir.

Une œuvre rare d’une grande sculptrice

Souvent interprétée comme une évocation de la rupture entre Claudel et Auguste Rodin, l’œuvre est aussi une méditation universelle sur le temps, le destin et la perte. Également connue sous les titres La Destinée, Le Chemin de la vie ou encore La Fatalité, elle ne subsiste qu’en cinq exemplaires de ce format (61,5 × 85 × 37,5 cm), dont celui-ci et le précédent vendu en 2025.

Organisée par la maison Philocale à l’occasion des Journées européennes du patrimoine, la vente prévue en septembre à Drouot suscite déjà de grandes attentes. Après le record atteint par le premier bronze redécouvert, les experts espèrent que cette nouvelle apparition confirmera l’engouement du marché pour les œuvres de Camille Claudel. Une artiste longtemps restée un peu trop dans l’ombre de son maître et amant Auguste Rodin, mais reconnue aujourd’hui comme l’une des plus grandes sculptrices de l’histoire de l’art.

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