Il a décoré les casinos de Monte-Carlo, l’Hôtel de Paris à Monaco, le Négresco à Nice, l’Hôtel du Palais à Biarritz et même la salle des mariages du Capitole de Toulouse. Et pourtant, jusqu’à cette année, personne — ou presque — ne savait dire qui était Paul Gervais. Le Musée du Pays de Cocagne répare cet oubli avec une exposition inédite jusqu’au 20 septembre.

Comment un artiste aussi sollicité de son vivant a-t-il pu disparaître à ce point des mémoires ? Formé aux Beaux-Arts de Toulouse puis dans l’atelier parisien du peintre Gérôme, Paul Gervais a pourtant connu une carrière fulgurante. Révélé au Salon après un séjour initiatique en Espagne et en Italie, il devient l’un des peintres décorateurs les plus courus de la Belle Époque, porté par sa collaboration avec le grand architecte Édouard Niermans et soutenu jusqu’au sommet de l’État par le président Gaston Doumergue.

Mais l’histoire de l’art a ses injustices : éclipsé par les avant-gardes du XXe siècle, jugé trop léger, trop heureux, Gervais a vu son œuvre se disperser dans des collections privées, loin des musées et des livres d’histoire.

C’est justement cette dispersion que l’exposition entend combler. Pour la première fois, un large ensemble de tableaux et d’esquisses, issus de fonds publics et privés, est réuni pour redonner à voir la peinture flamboyante et lumineuse de cet artiste toulousain trop longtemps resté dans l’ombre. Une occasion rare de (re) découvrir un pan méconnu du patrimoine régional.