
Dwayne Johnson n’hésite pas à aller au contact de la foule. ©Invision
« J’aime bien le genre de masculinité dépeinte dans le film, explique-t-il très relax. Nous, les hommes, nous voulons nous présenter sous notre meilleur jour, montrer que nous sommes capables, que nous pouvons travailler pour payer les factures et nourrir nos familles. Mais, comme je l’ai déjà dit à ma femme, parfois on se réveille et les choses peuvent être incroyables autour de soi, et parfois on se réveille et on n’a pas l’impression qu’elles le sont, on se sent un peu triste. J’ai grandi comme enfant unique, dans un parc de caravanes, et pas dans un environnement où mon père disait : ‘Hé, si tu as quelque chose sur le cœur, dis-le-moi. Je suis là pour toi.’ Maintenant, je le dis à mes filles, mais je n’ai pas connu cela en grandissant. Alors, j’ai enfoui tout ça au fond de mon âme. Je pense que dans Vaiana, avec Maui, je voulais dépeindre que même les hommes les plus puissants découvrent le pouvoir d’être ouverts et vulnérables. Quand Maui partage l’histoire selon laquelle il a été jeté bébé dans l’océan, que ses parents ne voulaient pas de lui, c’est terriblement profond. Mais c’est là qu’il devient en fait encore plus puissant parce qu’il s’est ouvert en tant qu’homme. C’est une partie essentielle de la masculinité. Aujourd’hui, le mot masculinité est parfois diabolisé. C’est important pourtant le genre masculin. Ma version de la masculinité consiste à faire de son mieux pour être aussi authentique que possible tout en accueillant les autres. C’est une longue réponse, mais elle me tenait à cœur. »
Dwayne Johnson dans un rôle sérieux : le public n’en veut pas !
Vous appliquez ce principe avec vos filles ?
« Il y a des mots que mon père n’a jamais dits. ‘Je ne sais pas, mais je vais me renseigner’, par exemple. Moi, je les dis parce que je ne sais pas beaucoup de choses, mais mon père ne les a jamais prononcés. Or, je pense que ce ‘Non, je sais tout’ est juste une voie sans issue. Ma version de la masculinité est donc que l’on peut toujours être qui on est, être fort, mais aussi se sentir à l’aise avec le fait d’être vulnérable et de demander de l’aide au besoin. C’est important, ce n’est pas une chose que nous, les hommes, faisons beaucoup, dire : ‘Hé, je me sens triste. Peux-tu m’aider ?’ Cela, je l’ai appris avec ma fille. »

Dwayne Johnson, chevelu et tatoué, incarne un demi-dieu Maui plein à l’autosatisfaction amusante. © 2026 Disney Enterprises, Inc. All Rights Reserved.Voici pourquoi Dwayne Johnson a perdu tant de poids
Quel type de père êtes-vous ? Protecteur, comme le papa de Vaiana qui ne veut surtout pas qu’elle quitte l’île ?
« Une citation d’un de mes chanteurs préférés est : ‘Je cherche un endroit doux où tomber’. Je ne pensais pas du tout comme ça auparavant : pendant de très nombreuses années, j’essayais juste de faire comprendre mon point de vue. Cela m’a conduit à un divorce. Il m’a fallu du temps pour réaliser que je n’avais pas toutes les réponses et que j’avais besoin d’aide. Je n’ai pas ce genre de conversation avec mes plus jeunes filles, bien qu’un jour je l’aurai, mais ma fille aînée qui a la vingtaine, Simone, je suis allé vers elle en disant : « Hé, je suis nerveux à propos de ce truc et je ne sais pas comment ça va se passer et peut-être que j’ai un peu peur. Peux-tu m’aider ? Pouvons-nous en parler ?’ Ce ‘Peux-tu m’aider ?’ a changé ma vie. »
Tout cela se trouvait déjà dans le film d’animation, que vous doubliez en 2016. Qu’apporte la version « live » selon vous ?
« Par rapport à voici dix ans, j’ai l’impression d’être un homme différent, un père différent, un mari différent, et aussi un type d’acteur différent. Et je crois vraiment que les choses arrivent au moment où elles sont censées arriver, même si nous désirons qu’elles se produisent avant ou après. Il y a dix ans, ma prestation n’aurait pas été la même. Je n’avais pas réalisé à quel point ce rôle est puissant. On m’a proposé cette version live en 2019 et j’étais enthousiasmé. Cette jeune fille veut franchir les récifs contre l’avis de son père sous le regard bienveillant de sa mère, sa grand-mère mourante lui dit qu’elle est plus que ce qu’elle imagine, tout ça, ce sont des leçons de vie qu’on comprend mieux à travers un véritable être humain. Ce film est très spécial. Quand nos aînés s’en vont, ils sont quand même toujours avec nous, juste d’une manière différente. Vaiana me permet donc de me reconnecter avec ma culture. »
Quelle a été la plus grande difficulté du tournage ?
« Au moment de chanter ‘You’re welcome’, j’étais incroyablement nerveux. Dans la version animée, tu es seul dans la cabine avec ta voix. C’est très différent de se trouver en chair et en os sur le plateau, devoir chanter, danser, jouer, éblouir Vaiana pour la faire entrer dans la grotte. C’était assez éprouvant pour les nerfs, mais j’étais entouré de gens formidables. Nous avons tourné ça pendant deux semaines et je suis heureux du résultat final. »
Avant de clôturer l’interview par Zoom, Dwayne Johnson retrouve son sens de la fête : « Voilà, je suis prêt à sortir la tequila après cette question ! » A 54 ans, il est resté un grand gosse. À l’image de Maui.

Devant la Tour de Londres, il a repris « You’re welcome » avec des danseurs manifestement aux anges. ©Invision