Quand on évoque l’innovation médicale, on pense souvent aux robots ou à l’intelligence artificielle. En chirurgie vasculaire, la révolution est moins spectaculaire mais tout aussi importante. « La grande majorité des interventions se font maintenant par voie endovasculaire », explique le Dr Casanova.

Grâce à de petites incisions réalisées au niveau du pli de l’aine, les chirurgiens interviennent directement à l’intérieur des artères. Cette évolution a transformé la prise en charge des anévrismes de l’aorte abdominale.  » Avant, la prise en charge classique consistait à ouvrir le ventre et remplacer la partie dilatée par une prothèse. Maintenant, on opère de plus en plus les patients par voie endovasculaire.  » Une endoprothèse est introduite dans l’artère puis déployée afin de protéger la zone fragilisée.

Au centre hospitalier d’Ajaccio, l’équipe utilise également des endoprothèses  » fenêtrées « , adaptées à l’anatomie de chaque patient.  » On fait fabriquer une prothèse sur mesure où il y a des ouvertures destinées aux artères rénales, au tronc cœliaque ou à l’artère mésentérique. Depuis quatre ou cinq ans, on a développé cette activité ici. On peut maintenant traiter des pathologies aortiques beaucoup plus complexes. « 

Quand on retire le « corail » des artères

L’autre avancée majeure concerne les artères obstruées par des dépôts calcifiés. « Chez certaines personnes, c’est comme s’il y avait du corail dans l’artère. » Les chirurgiens ont recours à l’athérectomie, pour retirer une partie des calcifications avant la pose d’un ballon actif ou d’un stent.  » Cela améliore l’ouverture de l’artère et permet d’obtenir de meilleurs résultats dans le temps. Avant, certains malades restaient trois ou quatre jours hospitalisés. Aujourd’hui, on peut parfois les traiter en ambulatoire. « 

A-t-on vraiment l’âge de ses artères ?

Ces techniques permettent de prendre en charge des patients autrefois considérés comme trop fragiles.  » Proposer la chirurgie endovasculaire nous permet de traiter des patients qui ont encore un bon état général mais un cœur ou des poumons un peu fatigués. Il y a des gens qui ont 50 ou 60 ans, qui ont beaucoup fumé, qui sont sédentaires, et qui ont les artères de quelqu’un de 90 ans. À l’inverse, certaines personnes plus âgées ont gardé une activité physique et ont des artères plus jeunes que leur âge. En fait, on n’a pas forcément l’âge de ses artères. »

Pour Arnaud Casanova, la technologie n’est jamais une fin en soi. Le progrès se mesure à la possibilité de remarcher, d’éviter un déplacement sur le continent ou de retrouver une vie normale.