Paolo Falzone saisit la Cour de cassation après sa condamnation aux assises

Cela vous a surpris ? Vous ne vous attendiez pas à tant de proximité, de solidarité, d’humanité tout simplement ?

« Dans une certaine mesure, oui. J’avais rencontré les familles pour préparer le procès, mais c’est vraiment au cours des audiences que j’ai mesuré la force de leurs liens. Je me souviens des premiers jours, après ma consultation, lorsque j’ai rencontré toutes les personnes concernées dans un gymnase où se trouvaient aussi d’autres parties. Je leur ai dit d’emblée que je me battrais pour obtenir des indemnisations, mais aussi pour faire évoluer la qualification des faits. À ce moment-là, faute de tous les éléments, la qualification retenue était celle d’homicide involontaire. Il était cependant crucial que ces gens soient entendus par le juge naturel, c’est-à-dire celui qui juge les homicides volontaires. Il a fallu quatre ans pour y parvenir, et nous l’avons fait étape par étape. Le cas du Gille Frédéric d’Andrea (NDLR : mort sous les roues de Paolo Falzone) a marqué un tournant et débouché sur une première inculpation pour meurtre. Nous avons alors su que les victimes pourraient enfin exprimer pleinement ce qu’elles avaient vécu. Beaucoup étaient sur place ce jour-là, certains avaient même filmé. Les images, insoutenables, montraient des dizaines de personnes au sol, des gens désorientés cherchant un ami, un fils, un mari. Malgré l’horreur de ces scènes, je tiens à le souligner, les débats se sont déroulés avec une sérénité remarquable. À cet égard, je me suis appliqué à faire preuve de pédagogie auprès des parties civiles, cherchant l’équilibre et la nuance pour les éclairer sur les aspects les plus sensibles du procès. Cette approche a contribué à créer une véritable osmose avec elles. Au point que j’avais l’impression qu’elles faisaient partie de ma famille. Chaque matin, pendant deux mois, nous nous retrouvions, nous nous embrassions, nous partagions nos émotions. Au final, ce procès me laisse un sentiment très particulier. J’éprouve même un certain manque. Je me demande parfois ce qu’ils deviennent, comment ils vivent l’après. Le retour au quotidien doit être dur pour eux. J’y pense souvent. Certes, nous allons nous revoir, car il reste encore l’aspect civil à régler. Mais au-delà, j’irai sans doute à l’une ou l’autre de leurs festivités. On ne peut pas effacer purement et simplement une expérience pareille. »

Jean-Philippe Mayence remercié avec émotion par les familles des victimes lors du verdict du « procès Falzone ». « Ce que j’ai vécu cette fois, je ne l’avais jamais ressenti auparavant, pas même lors du procès des attentats de Bruxelles. »Jean-Philippe Mayence remercié avec émotion par les familles des victimes lors du verdict du « procès Falzone ». « Ce que j’ai vécu cette fois, je ne l’avais jamais ressenti auparavant, pas même lors du procès des attentats de Bruxelles. »Jean-Philippe Mayence remercié avec émotion par les familles des victimes lors du verdict du « procès Falzone ». « Ce que j’ai vécu cette fois, je ne l’avais jamais ressenti auparavant, pas même lors du procès des attentats de Bruxelles. » ©Photo news

À ce procès, a-t-on jugé plus que Paolo Falzone ? Faut-il y voir, au-delà des faits et de leur auteur, un signal fort envoyé par le jury populaire au nom d’une société qui ne tolère plus ce type de comportement ?

« L’homicide routier, causé par un chauffard ou un individu sous l’emprise de l’alcool ou de la drogue, est à l’origine de nombreux drames, c’est indéniable. Mais il relève de la qualification d’homicide involontaire. Or, Paolo Falzone a été condamné pour sept meurtres et 79 tentatives de meurtre. L’intention homicide a clairement été retenue dans son chef. Il a agi au mépris total de la vie humaine, y compris celle des usagers les plus vulnérables. Je rappelle qu’il parlait de sa voiture comme de sa « bombe ». Il en avait fait un engin de mort. Maintenant, faut-il voir dans ce verdict un signal envoyé par la société tout entière ? Je ne me prononce pas. En tout cas, le message est passé auprès de la population : l’utilisation d’un véhicule comme une arme et de la route comme un terrain de jeu – ce sont les mots mêmes de l’arrêt – ne reste pas impunie et entraîne de lourdes conséquences judiciaires pour ceux qui s’y risquent. En revanche, ce qui n’a peut-être pas été suffisamment stigmatisé, bien que j’aie essayé de le souligner, c’est ce qui se passe sur les réseaux sociaux. Je n’en suis pas adepte, mais j’ai du mal à comprendre qu’il y ait des gens qui likent ou commentent favorablement des vidéos dans lesquelles des quidams se filment en train de rouler à des vitesses folles – jusqu’à 260 km/h dans le dossier qui nous occupe – sur des routes absolument pas conçues pour cela, où la limite de vitesse est bien inférieure. Cela fait peur ! Que de tels comportements permettent à leurs auteurs de faire des « stories » repartagées un nombre incalculable de fois et d’engranger des followers en masse, cela devrait être largement dénoncé. »

Certains ont toutefois jugé le verdict abusif, considérant qu’il ne s’agissait, au final, que d’un accident de la route, certes tragique pour les victimes, mais rien de plus.

« Ces commentaires m’ont heurté. Je pense pouvoir affirmer que quiconque était présent en salle d’audience et a assisté à l’ensemble des débats – et il en va de même pour les magistrats – ne peut raisonnablement considérer que le drame de Strépy était un simple accident. Même la défense, lorsqu’elle a dû plaider sur le cas spécifique de Frédéric D’Andrea, s’est montrée très circonspecte, disant au tribunal : « Vous apprécierez. » Tout simplement parce qu’elle était consciente qu’il était inaudible, pour qui que ce soit, d’oser prétendre que rouler intentionnellement sur quelqu’un avec une voiture peut être autre chose que la volonté de donner la mort. »$

Les policiers racontent l’interpellation de Paolo et Antonino Falzone: « Il était au téléphone avec sa mère et lui disait qu’il avait fait une connerie

Les vidéos montrant des excès de vitesse extrêmes et des rodéos urbains continuent d’abonder sur les réseaux. Ces mises en scène narcissiques et transgressives n’interrogent-elles pas notre société sur plusieurs plans ?

« Oui, bien entendu. Cela questionne notamment la relation de certains – qualifiés d' »autophiles », comme Paolo Falzone – à leur voiture et à leur conception de l’espace public. Sans parler de cette recherche de célébrité malsaine à travers ces vidéos, dont je ne comprends pas qu’on les autorise encore. On légifère dans tous les domaines, alors comment peut-on laisser des utilisateurs identifiables de réseaux sociaux diffuser ces contenus ? Comment les réseaux sociaux eux-mêmes acceptent-ils de continuer à les relayer ? On a su évoluer, même si ce n’est pas encore parfait, en matière de pédopornographie, par exemple. Dès lors, ne pourrait-on pas considérer que la mise en ligne de telles vidéos constitue une infraction pénale justifiant des poursuites ? Car, clairement, elles incitent à adopter un comportement routier criminel. Sur le plan de la participation criminelle, inciter quelqu’un, c’est soit lui donner l’idée, soit le conforter dans son intention d’agir de manière infractionnelle. Quoi qu’il en soit, il conviendrait au moins d’imposer des règles plus strictes aux médias sociaux. Cela dit, il existe par ailleurs des jeux vidéo en vente libre, parmi les plus populaires au monde, où il s’agit de gagner des points en écrasant des passants en voiture, en braquant des banques et en commettant des assassinats. C’est la société dans laquelle nous vivons, mais ce n’est en tout cas pas celle dans laquelle je me reconnais. »

« Je n’ai plus dormi une nuit complète depuis plus de trente ans  ».

Justement, votre vécu personnel, les expériences qui vous ont marqué en dehors des prétoires, participent-ils à l’évolution de ce que vous êtes en tant qu’avocat ?

« Bien sûr. Mon existence n’a pas été épargnée par les coups durs. Ils ne sont pas étrangers à ce que je suis aujourd’hui, en tant qu’homme comme en tant qu’avocat. Je n’aime pas en parler, mais j’avais un frère, mon aîné de onze mois, mort à 33 ans. Il travaillait avec moi. Ce fut un choc. Mon père (NDLR : le pénaliste Philippe Mayence), tombé malade, est décédé peu après. Plus tard, la mère de mes enfants nous a quittés à son tour, alors qu’elle n’avait que 46 ans. Et voici bientôt deux ans, ma sœur est décédée des suites d’une maladie. Enfin, mon second fils – j’en ai trois – a été victime d’un grave accident médical. Il a été plongé dans le coma et hospitalisé aux cliniques Saint-Luc pendant des mois. Il en a conservé des séquelles qui l’ont conduit à suivre le même parcours de revalidation que certaines victimes de Strépy. Il s’est retrouvé au centre hospitalier neurologique William Lennox, là où Florian Devise (NDLR : survivant du carnage de Strépy, il en conserve de lourdes séquelles physiques et psychologiques) a lui-même été soigné. Tout dans son témoignage – les opérations, les complications, les médecins qui l’ont accompagné – faisait directement écho à ce que j’ai vécu presque simultanément avec mon fils. Vous imaginez ce que cela a représenté pour moi, sur le plan émotionnel, pendant le procès, et comment cela a grandement contribué à me rapprocher des victimes. Mais plus largement encore, ce parcours de vie m’a transformé, tant sur le plan privé que professionnel. Par exemple, le lien entre un père et son fils est, à mes yeux, on ne peut plus précieux. Pour ma part, j’ai eu la chance d’entretenir une relation extraordinaire avec mon père. Il m’a tout appris. C’était mon guide, et je fais en sorte, autant que possible, d’endosser ce même rôle auprès de mes enfants. »

Jean-Philippe Mayence vit dans la maison familiale située 
à Mont-sur-Marchienne, en périphérie de Charleroi, qui appartenait à ses parents, là où il a passé toute son enfance.Jean-Philippe Mayence vit dans la maison familiale située 
à Mont-sur-Marchienne, en périphérie de Charleroi, qui appartenait à ses parents, là où il a passé toute son enfance.Jean-Philippe Mayence vit dans la maison familiale située
à Mont-sur-Marchienne, en périphérie de Charleroi, qui appartenait à ses parents, là où il a passé toute son enfance. ©R. Dersin

Est-ce au nom de cet héritage moral, de la passation de témoin entre les générations, que vous avez accepté de vous impliquer bénévolement dans l’enquête mémorielle qui vise à rendre leur identité aux mineurs inconnus victimes de la catastrophe du Bois du Cazier ?

« Vous me posez cette question sachant que mon grand-père a été juge au procès du Bois du Cazier, en première instance. Cela participe en effet de cet héritage moral. Je n’étais bien sûr pas né à l’époque, mais j’ai grandi avec cette histoire. Quand l’opportunité de m’impliquer dans ce projet, via la commission d’identification, s’est présentée, j’y ai vu un magnifique signe du destin. »

Il y a trois ans, lors de la tragédie de Strépy, Mattia a perdu trois des siens : « Il n’y avait pas de place dans mon cerveau pour encaisser cela »

Deux de vos fils sont avocats. C’est la troisième génération de Mayence qui embrasse la carrière. C’est ce que vous souhaitiez pour eux ?

« Ils sont non seulement avocats, mais ils travaillent avec moi. Et ils excellent, du reste. C’est aussi un moteur qui me pousse à rester et à poursuivre cette collaboration à leurs côtés. Au-delà de leurs compétences, j’apprécie les valeurs qu’ils cultivent. Qu’ils exercent mon métier, comme celui de leur grand-père, est une fierté, mais j’ignore dans quelle mesure je les ai influencés. Moi, je ne l’ai pas du tout été par mon père. Dans ma jeunesse, j’ai vécu douze ans en internat, loin de son univers professionnel, qui ne m’intéressait pas à l’époque. J’étais dans ma bulle, passionné de sport et surtout de foot, avec le rêve de devenir professionnel. À l’heure des choix d’études, j’ai envisagé la médecine, et plus précisément la psychiatrie. Mais j’ai finalement fait du droit, pas du pénal, car je ne me destinais pas à une carrière de pénaliste. D’ailleurs, une fois diplômé, j’ai intégré un cabinet spécialisé en droit des affaires. Cela ne m’a pas plu, et j’ai alors rejoint le cabinet de mon père. En pratiquant, je me suis rendu à l’évidence : c’était cela que je voulais faire, depuis toujours. Ce revirement, mon fils aîné l’a également connu. Après avoir entamé l’IAD, où tout se passait bien pour lui, il a opéré un changement complet de trajectoire et s’est tourné avec succès vers le droit. Par ailleurs, mon autre fils, le deuxième, était lui aussi totalement immergé dans le droit, jusqu’à ce que ses problèmes de santé surviennent. Il préparait une thèse en droit administratif à l’université, où il donnait cours en tant qu’assistant. Auparavant, il avait été le meilleur étudiant de sa faculté, décrochant une grande distinction et obtenant le prix Larcier. Une brillante carrière s’offrait à lui. Les circonstances en ont hélas décidé autrement. Une autre vie l’attend désormais, et j’espère qu’il en sera tout aussi heureux. Je serai là pour lui, ainsi que pour ses frères, leur maman n’étant plus présente. »

Avec son père, l’avocat Philippe Mayence, avocat pénaliste de renom : « J’ai eu la chance d’entretenir une relation extraordinaire avec lui. Il m’a tout appris. C’était mon guide, et je fais en sorte, autant que possible, d’endosser ce même rôle auprès de mes enfants. »Avec son père, l’avocat Philippe Mayence, avocat pénaliste de renom : « J’ai eu la chance d’entretenir une relation extraordinaire avec lui. Il m’a tout appris. C’était mon guide, et je fais en sorte, autant que possible, d’endosser ce même rôle auprès de mes enfants. »Avec son père, l’avocat Philippe Mayence, avocat pénaliste de renom : « J’ai eu la chance d’entretenir une relation extraordinaire avec lui. Il m’a tout appris. C’était mon guide, et je fais en sorte, autant que possible, d’endosser ce même rôle auprès de mes enfants. » ©R. Dersin

Une certaine méconnaissance de la justice peut conduire à penser que le travail de l’avocat pénaliste est désincarné, qu’il se contente de plaider froidement sur des faits pour faire émerger la vérité, aussi austère soit-elle, du dossier. Or, on comprend que vous y mettez une part importante de vous-même.

« Oui, indiscutablement. Ce que j’ai traversé a aujourd’hui un impact très fort sur ma perception des choses, mais aussi sur ma manière de les exprimer. D’ailleurs, quand je prends la parole, les gens perçoivent ma sincérité, le vécu derrière mes propos. Dès qu’ils captent ces accents de vérité, cela les touche profondément, et les messages que j’ai à leur transmettre sont alors reçus très différemment. Parce qu’ils les entendent de la bouche d’un homme qui a, lui aussi, vécu des épreuves, et non d’un professionnel distant qui les renverrait à la nécessité de faire leur deuil. Lors de ma dernière plaidoirie, j’ai dit au compagnon de Laure Gara qu’elle voudrait désormais le voir retourner dormir dans leur lit, où il ne trouvait plus sa place depuis quatre ans. Je me suis tourné vers les D’Andrea, qui avaient renoncé aux fêtes de famille à cause de la chaise laissée vide à jamais par Frédéric, pour leur assurer que ce dernier aimerait les voir rire à nouveau ensemble. Pendant le procès, un jeune homme, victime, devait soutenir sa thèse. Vous devinez qu’il était démobilisé. Je l’ai encouragé à ne pas renoncer. Le jour du verdict, il est venu me dire : « Maître, vous savez, j’ai passé ma thèse il y a deux jours. J’ai réussi ! » Génial ! J’en étais ravi pour lui. En citant ces exemples de messages qui ont su passer, je ne m’attribue aucun mérite. Je n’ai fait que rendre à ces gens, animés d’une force incroyable, ce qu’ils m’avaient d’abord donné. Toute cette humanité émanait d’eux, je me suis contenté de la leur renvoyer. Tout cela pour dire qu’on ne peut pas nier ce qu’on a vécu. Je n’y parviens pas en tout cas. Mon entourage, ma compagne me répètent souvent que je vis ma vie à travers celle des autres. C’est vrai. Je n’ai plus dormi une nuit complète depuis plus de trente ans. Je suis toujours plongé dans un procès, en train de préparer une plaidoirie, et je ne parviens pas à me défaire des histoires humaines que renferment tous ces dossiers entassés dans mon bureau. D’autant que toute histoire qu’on me raconte, qu’il s’agisse d’affaires de mœurs, de décès ou de maladies, résonne avec un vécu, un souvenir. Rien n’est neutre. Il n’y a qu’en vacances que j’arrive un peu à me vider la tête, et encore. De plus, je suis perfectionniste dans tout ce que j’entreprends, ce qui n’aide pas. Et puis, j’avoue qu’il n’y a que gagner qui m’intéresse. Mais pas à n’importe quel prix ! Je veux gagner avec les gens. Je leur prends la main, ou ils me la prennent, et on avance ensemble. Malgré tout, je suis conscient de renvoyer une fausse image de moi : froid, prétentieux, matérialiste… Ceux qui apprennent à me connaître finissent toujours par me dire : « On ne vous voyait pas du tout comme ça ! » »

Qu’est-ce qui vous aide à vous ressourcer ?

« D’abord, j’ai une famille formidable. C’est mon premier pilier. Je bénéficie aussi d’un environnement professionnel de qualité. Les personnes avec lesquelles je travaille m’accompagnent depuis longtemps ; certaines étaient déjà là du temps de mon père. Ensuite, j’ai des hobbies. J’adore le foot, j’ai beaucoup joué, et je vais encore voir des matchs. J’aime aussi le tennis et le padel. Je pratique un peu le golf pendant mes congés. Ma grande passion, c’est le bridge. Aujourd’hui, je joue en division d’honneur, la plus haute. C’est une discipline cérébrale exigeante en termes de concentration, mais cela m’amuse beaucoup et j’y fais des rencontres qui me sortent de mon environnement habituel. C’est cependant auprès des miens que je me reconnecte à l’essentiel. À ce propos, j’ai la chance d’avoir encore ma mère (NDLR : Jacqueline Goossens, ancienne parlementaire, secrétaire d’État et ministre libérale). Elle a 93 ans. Elle a été merveilleuse, et remarquable en tant que femme engagée en politique. Elle aurait voulu que j’en fasse à mon tour. »

Pourquoi ne vous êtes-vous pas laissé tenter ?

« Cela m’aurait sûrement passionné. J’apprécie énormément le débat d’idées, mais je déplore ce qu’il est devenu : polarisation à l’extrême, refus de la nuance, marketing politique… Les débats dans les médias en sont l’illustration, on y est le plus souvent dans l’invective, et peu sont encore capables d’entendre ce que dit l’autre. Ce qui prime, c’est le buzz, la petite phrase que l’on va retenir. L’art du consensus, dont m’a souvent parlé ma mère, s’est perdu au profit de la défense d’intérêts personnels ou partisans. C’est ce qui m’a finalement éloigné de la politique. J’ai reçu des sollicitations, pourtant, mais j’ai vite compris qu’on voyait surtout en moi une possible machine à voix. »