« J’ai cassé la tirelire pour pouvoir racheter de quoi recouvrir la sculpture avec du Polimiroir. » Trois ans après son installation sur le quai de Léon, la Porte de la lune de Thomas Godin revêt un nouvel éclat, tel que l’avait rêvé le graveur landernéen à l’origine. Mais sa sculpture, érigée dans le cadre du premier budget participatif de la ville, s’était retrouvée contrainte par le budget alloué. « Je me suis engagé, je vais au bout des choses, parce que la parole c’est quelque chose de très important pour moi », souligne l’artiste, qui a rajouté un joli petit billet pour recouvrir de deux plaques de Polimiroir découpée chez Oxymag, à Sizun, la première version de son cercle de métal et d’acier.
Un miroir déformant
Avec l’aide précieuse de ses habituels compères de l’atelier Brindacier de Daoulas, et celle des services techniques de la ville de Landerneau, l’affaire a été rondement menée vendredi 3 juillet 2026 en matinée, en deux heures chrono. Plutôt que de remplacer les deux faces de la sculpture, la solution privilégiée a été de riveter les nouvelles plaques sur les anciennes. « Ce qui va permettre une réfraction de la lumière différente d’un miroir », explique Thomas Godin, heureux de voir que les solutions techniques ont parfaitement résisté au passage du temps. « L’acier corten s’est stabilisé, il n’y aura plus de coulures », le processus d’oxydation du métal offrant une couche protectrice au métal.
Sous le soleil exactement
C’est donc avec une émotion certaine que le Landernéen a pu assister ce vendredi de juillet au dévoilement de sa sculpture, miroitant sous le ciel bleu d’été comme il se l’était imaginé. « C’est un peu la philosophie originelle de l’œuvre, qu’elle reflète le soleil qu’on nous a volé. » Une façon de souligner que la Cité de la Lune peut entretenir ses légendes tout en y impulsant une touche de modernité.