Le collectif allemand essaya bien de grappiller son retard au fil des mètres, mais le Brabançon dut faire le travail tout seul. Une fois qu’il eut distancé Florian Lipowitz et Maxim Van Gils, les deux derniers équipiers à l’accompagner, Evenepoel finit ce chrono par équipes en boulet de canon. Ce ne fut pas suffisant pour enfiler le maillot jaune dont il rêvait, mais, au final, notre compatriote parvint à aller chercher une place dans le Top 5, à 19 secondes du vainqueur, Jonas Vingegaard.
Quatre kilos en moins qu’à Liège-Bastogne-Liège
Devancé aussi par Filippo Ganna (2e à 0:08), Tadej Pogacar (3e à 0:12) et Juan Ayuso (4e à 0:16), celui qui s’est délesté de quatre kilos depuis sa dernière course, Liège-Bastogne-Liège, fin avril, n’a pas à rougir de sa prestation individuelle, loin de là. Certains se demandaient s’il attendrait Lipowitz sous prétexte que le Teuton partage le leadership avec lui, mais Evenepoel n’avait aucune raison de le faire. Dans la dernière ascension, c’était du chacun pour soi, comme attendu. Et s’il ne termina pas sur la plus haute marche du podium ce samedi à Barcelone, le triple champion du monde en titre du chrono prit un ascendant sur Lipowitz, qui a franchi la ligne d’arrivée 16 secondes après lui. Il en a également pris 20 au jeune Paul Seixas (19 ans), finalement 10e de l’étape.
« On se doutait que Florian céderait du terrain à Remco, expliqua Klaas Lodewyck, l’un des directeurs sportifs de l’équipe. L’écart entre eux n’est pas très important. Est-ce que cela clarifie d’emblée les rapports de force entre nos deux leaders ? Je ne pense pas, le bilan ne sera tiré qu’à Paris. »
Reste qu’Evenepoel a montré qu’il détient la grande forme. « Il se sent très bien, confirme Lodewyck. Dans un chrono par équipes, tu as plus à perdre qu’à gagner. En définitive, on s’est très bien tiré d’affaire. »
guillement
Si je me considère désormais comme le leader de l’équipe ? Je ne pense pas du tout à ça pour le moment. »
Même si le dirigeant belge estime que « le maillot jaune n’est pas encore une priorité pour l’instant », Evenepoel pourrait avoir envie de jouer sa carte ce dimanche. Ce, d’autant plus qu’il a confirmé, à l’arrivée, « avoir de bonnes sensations ». « Dans l’ensemble, ça a été plutôt pas mal. On savait que sur le plat, on irait moins vite que des équipes plus fortes, analysa-t-il sereinement. Je n’ai pas à être déçu. Certes, j’ai perdu deux équipiers plus tôt que prévu mais il faut pouvoir accepter ce genre de situation. Finalement, il n’y a que Ganna et les meilleurs coureurs de grands tours devant moi. »
Et de confirmer que la stratégie de la formation était que chacun roule le dernier kilomètre à son rythme. « J’ai néanmoins essayé de tirer Florian le maximum avec moi après la première côte. Si je me considère désormais comme le leader de l’équipe ? Je ne pense pas du tout à ça pour le moment. »
Ce dimanche, il retournera à Montjuic où il essaiera de viser la victoire. Mais il ne sera pas le seul, Mathieu van der Poel et Tadej Pogacar, pour ne citer qu’eux, nourrissant également le même objectif.