Le projet d’une nouvelle réduction des effectifs militaires américains stationnés en Europe divise l’administration Trump. Le mois dernier, le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, prévoyait d’annoncer aux responsables du Comité militaire de l’OTAN, réunis à Bruxelles, une nouvelle vague de retraits de soldats américains du vieux continent. Plusieurs sources proches du dossier affirment que ces aménagements auraient surpassé les annulations antérieures du déploiement d’une brigade blindée en Pologne et d’une brigade d’infanterie de Roumanie.

Mais finalement, la prise de parole redoutée de Pete Hegseth n’aura jamais lieu. Ses propositions seront étouffées dans l’œuf après avoir été examinées par le conseiller à la sécurité nationale, Marco Rubio, et d’autres figures de la Maison-Blanche. À la place, cet ancien officier de la Garde nationale se contentera d’annoncer brièvement un réexamen de la présence militaire américaine en Europe, un processus susceptible de durer jusqu’à six mois.

Un préjudice durable pour l’Alliance ?

Cet épisode montre que Washington n’a toujours pas arrêté sa stratégie concernant l’avenir de ses forces sur le continent européen. Donald Trump continue de reprocher aux alliés de l’OTAN de ne pas consacrer suffisamment de moyens à leur propre défense. En même temps, les déclarations offensives de Pete Hegseth inquiètent plusieurs partenaires européens, mais aussi des élus américains, y compris dans le camp républicain. Beaucoup redoutent qu’une réduction trop rapide des troupes américaines fragilise durablement l’Alliance et offre un avantage stratégique à la Russie, expose le Wall Street Journal, vendredi 3 juillet.

Le débat devrait occuper une place centrale lors de la prochaine rencontre entre Donald Trump et les dirigeants de l’OTAN. Les Vingt-Sept espèrent afficher un « front uni » avec Washington et maintenir leur soutien à l’Ukraine face à la Russie. Seulement, des désaccords tenaces avec le président américain pourraient éclipser ces objectifs.

Sur les réseaux sociaux, jeudi 2 juillet, ce dernier a d’ailleurs réaffirmé sa position en déclarant que « les États-Unis dépensent beaucoup plus d’argent pour l’OTAN que n’importe quel autre pays, sans en tirer le moindre bénéfice ». Une vision bien négative des relations entretenues par le territoire d’outre-Atlantique avec ses alliés européens.

Concentrer les ressources sur un autre flanc

La stratégie de défense américaine, publiée en janvier, prévoit déjà un recentrage des moyens militaires vers l’Indo-Pacifique et l’hémisphère occidental pour laisser aux nations européennes « la responsabilité principale de la défense conventionnelle du continent ». Cette orientation s’est traduite en mai par l’annulation du déploiement d’une brigade blindée en Pologne, qui a surpris aussi bien Varsovie que plusieurs parlementaires américains.

Selon le Wall Street Journal, Donald Trump lui-même aurait demandé des explications à Pete Hegseth, avant d’annoncer l’envoi de 5 000 soldats supplémentaires en Pologne. Renfort qui n’a toutefois toujours pas été déployé.