Le bourgmestre insiste surtout sur la question des riverains. « Ce n’est pas tant la difficulté d’organisation qui pose problème. La vraie question, ce sont les nuisances. Où que vous organisiez un écran géant à Braine-l’Alleud, il y aura toujours des habitations à proximité. Même au Paradis, il y a des quartiers juste derrière. Il n’existe aucun endroit où l’on soit complètement isolé. Par contre, tous les cafés seront autorisés à ouvrir. C’est d’ailleurs le cas en permanence. Depuis que je suis bourgmestre (en 2000, NdlR), j’ai levé les restrictions horaires. Les bars doivent juste respecter les riverains, bien sûr. »

Coupe du monde : entre concurrence des fan zones et baisse de la fréquentation, les bistrots jouent leur survie, « ils ne récupèrent que les miettes »Waterloo : ce sera à la maison

Une réalité qui diffère, à quelques kilomètres de là. De fait, l’exemple le plus strict est celui de Waterloo. La fan zone sera fermée et les cafés ne pourront pas ouvrir plus tard. En clair, pour les supporters waterlootois, ce sera devant la télévision, à domicile.

La bourgmestre Florence Reuter confirme : « On a reçu une seule demande, on a décidé de ne pas octroyer de dérogations. Cela demanderait une mobilisation trop importante des forces de police. C’est donc motivé pour des raisons de sécurité. La fan zone sera également fermée. Ce ne sera donc pas possible de voir le match à Waterloo. »

Même constat à Uccle, où l’organisateur des écrans géants explique que les communes n’ont pas donné leur feu vert. « À Uccle et à Waterloo, il n’y aura pas d’autorisation des communes. La décision a été prise pour préserver la tranquillité des riverains, mais aussi éviter une mobilisation policière trop lourde, avec un service en soirée et un autre pendant la nuit. » Il évoque aussi le coût humain et logistique. « Nous mobilisons environ 80 personnes sur le site d’Uccle et 80 autres à Waterloo. Imaginez le coût pour une organisation en pleine nuit, c’est pratiquement impossible à rentabiliser. »

Des cafés parfois tolérés

Dans plusieurs villes, la solution passera donc par les cafés. À Mons, Nicolas Martin exclut un écran géant, mais annonce une tolérance pour les établissements qui souhaitent diffuser la rencontre à l’intérieur. « Il ne s’agit pas d’autoriser une diffusion sur écran géant, mais d’accorder une tolérance aux cafés qui souhaitent retransmettre les matchs pendant la nuit. Habituellement, les établissements du centre-ville doivent fermer à 3 h du matin. Une tolérance sera accordée pour la diffusion des rencontres nocturnes. »

Après la qualif’ des Diables, on n’a même pas eu droit à un dernier verre : 1 h du matin ou pas, on est en Belgique, bordel !

Le bourgmestre montois justifie lui aussi l’annulation de la fan zone par les nuisances. « Elle génère d’importantes nuisances, notamment sonores. En fonction du vent, le bruit se propage jusqu’aux villages environnants. Elle entraîne également d’importants mouvements de foule, avec des personnes qui convergent vers la Grand-Place avant les matchs puis quittent les lieux une fois ceux-ci terminés. »

À Bruxelles, la situation dépendra des communes. Pas d’écran géant place Dumon, à la gare du Nord, ni à Evere. À Schaerbeek, une tolérance avait été accordée pour le match de 5 h du matin, mais pas pour celui de 2 h : les bars devront respecter leurs horaires de fermeture. À Bruxelles-Ville, en revanche, les bars et cafés pourront gérer, avec concertation avec les services communaux si un écran est placé en terrasse.

« Tous au bistrot »

Pour Matthieu Léonard, président de la Fédération Horeca Bruxelles, cette nuit sans grandes fan zones peut être une opportunité pour les petits cafés. « C’est donc une belle occasion pour les cafés de tirer leur épingle du jeu et remplir un peu les caisses », nous dit-il.

Selon lui, les cafés sont même plus adaptés à un tel horaire. « Je comprends parfaitement que les bourgmestres ne souhaitent pas autoriser des fan zones à 2 h du matin. Il faut aussi respecter le sommeil des riverains. Les cafés sont probablement des lieux beaucoup plus adaptés pour accueillir les supporters et limiter les éventuelles nuisances sonores ou les débordements. »

Son message aux supporters est clair : renseignez-vous, mais ne partez pas du principe que tout sera fermé. « Il suffit de savoir quels établissements diffusent le match, mais j’imagine que la quasi-totalité des cafés le proposeront. Ce serait dommage de passer à côté. »

Quelques écrans géants maintenus

Tout n’est toutefois pas annulé. En Wallonie, plusieurs initiatives sont maintenues. À Thuin, le village « La Cour des Diables » ouvrira à 1 h à la distillerie de Biercée. Les organisateurs promettent une diffusion sur écran géant, mais « sans DJ ni speaker », avec « un volume modéré » pour respecter les riverains.

À Châtelet, rendez-vous est donné à 2 h sur la place du Déversoir. À Huy, le Comptoir des Boissons prévoit une jauge de 1 200 personnes, avec ouverture du site à minuit. À Courcelles, la Souv’Red Devils Arena ouvrira dès 18 h et jusqu’au coup de sifflet final de Belgique – États-Unis. Aux Bons Villers, l’Agora du complexe sportif diffusera aussi le match, avec foodtrucks et happy hour avant la rencontre.

D’autres lieux plus petits s’organisent également, comme la brasserie Les Tuileries by Tom à Esneux, qui ouvrira à 1 h 30, ou le Foyer des Haies à Ham-sur-Heure-Nalinnes. À Charleroi, en revanche, pas d’écran géant place de la Digue, « par respect pour les riverains ».

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