Il y a quelques semaines, avant son placement en garde à vue, Patrick Bruel s’était montré fataliste quant à la suite de sa carrière, affirmant qu’elle était « terminée ». Un constat qui n’a fait que s’étayer au fil des révélations, puisque de nouvelles plaintes se sont récemment ajoutées au dossier. Interrogé par Le Point, Michel Hastings, professeur émérite à Sciences Po Lille, a livré son ressenti à ce sujet.
Affaire Patrick Bruel – Son ex-femme Amanda Sthers sort du silence : « Beaucoup de tristesse »Patrick Bruel va-t-il suivre le même chemin que Bertrand Cantat ?
Le politologue, qui vient de sortir un livre intitulé La disgrâce politique, anatomie de la chute, est formel. Selon lui, Patrick Bruel ne reviendra pas sur le devant de la scène de manière positive. « Je ne crois pas à un retour en grâce », affirme-t-il. « La disgrâce qu’il subit est due à une indignation de type nouveau : la question des violences sexuelles, des viols et des violences faites aux femmes, devenue quasiment imprescriptibles pour l’esprit public. »
« C’est ce que suggère l’exemple du chanteur Bertrand Cantat », poursuit Michel Hastings. « Après avoir purgé sa peine, il est devenu littéralement inaudible. Dans ce nouvel écosystème de la disgrâce, nos sociétés redéfinissent le périmètre de l’intolérable, qui inclut désormais les violences faites aux femmes et aux enfants, les violences sexuelles ou encore les discriminations racistes. » Pour le spécialiste, il est donc difficile à imaginer que Patrick Bruel puisse à nouveau un jour emplir l’espace médiatique pour autre chose que ces accusations.