L’éleveur préfère toutefois rester prudent. « Il y a quelques semaines, une attaque s’était produite à Grune. Au départ, tout laissait penser à un loup, mais les analyses ADN avaient finalement conclu à une attaque de chiens ». En attendant, les conséquences sont lourdes pour l’éleveur qui possède plus d’une centaine de brebis. « J’avais pourtant pris des mesures de protection en installant des clôtures électriques culminant à plus d’un mètre de hauteur, poursuit Damien Coeurderoi. Comme nous ne sommes pas situés dans une zone de présence permanente du loup, j’avais financé ce matériel sur fonds propres. Désormais, je vais devoir renforcer davantage la protection de mon troupeau ».

L’été est propice à ce genre d’attaques

Du côté du Service public de Wallonie, la prudence est également de mise. « Cette attaque présente effectivement des caractéristiques très typées du loup, mais il faudra attendre les analyses pour le confirmer », souligne Nicolas Yernaux, porte-parole du SPW. Selon lui, il est peu probable que l’auteur de l’attaque soit l’un des deux loups installés dans la forêt de Saint-Hubert. « La présence de la N4 constitue un obstacle important, même si cette hypothèse ne peut être totalement écartée, précise-t-il. En revanche, la présence d’un loup en dispersion est tout à fait plausible. Il s’agit généralement de jeunes adultes qui quittent leur meute à la recherche d’un territoire. En tout cas, il est quasiment impossible qu’il s’agisse du même individu que celui potentiellement impliqué à Louftémont, au vu de la distance qui sépare les deux sites ». Nicolas Yernaux rappelle enfin que la période estivale est particulièrement sensible. À cette époque de l’année, les loups adultes doivent répondre aux besoins alimentaires grandissants de leurs louveteaux, nés à la fin du printemps, ce qui peut accroître le risque d’attaques sur les troupeaux domestiques.