Marine Le Pen avait fait de l’absence de condamnation au port d’un bracelet électronique une condition à sa candidature. Elle doit s’exprimer mardi soir au journal de 20 heures de TF1.
« L’exécution de cette peine (d’inéligibilité) depuis le 31 mars 2025 a d’ores et déjà réparé l’atteinte à la probité », a déclaré la présidente de la cour, Michèle Agi. En première instance, Marine Le Pen avait été condamnée à cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, une peine qui l’empêchait alors de se présenter à la présidentielle. En appel, la cour a indiqué avoir pris en compte « la liberté des candidatures » et « le libre choix des électeurs », jugés comme des « conditions de l’expression démocratique », dans le prononcé des peines d’inéligibilité.
La dirigeante du RN a été reconnue coupable de détournement de fonds publics européens en tant qu’ancienne eurodéputée, ainsi que de complicité de détournement de fonds publics en sa qualité d’ancienne présidente du parti. La justice lui reproche, ainsi qu’au Rassemblement national (alors appelé Front national) et à plusieurs cadres, d’avoir fait rémunérer entre 2004 et 2016 des assistants parlementaires par le Parlement européen alors qu’ils auraient travaillé au bénéfice du parti.
Entre Jordan Bardella et Marine Le Pen, les premières lignes de fracture apparaissentQuelles sont les autres condamnations ?
Le Rassemblement national, en tant que personne morale, a été condamné en appel à 2 millions d’euros d’amende, dont 1 million avec sursis, ainsi qu’à la confiscation d’1 million d’euros.
Parmi les cadres et anciens élus du parti, Louis Aliot, maire de Perpignan et ancien eurodéputé, écope d’un an de prison avec sursis, de 5.000 euros d’amende et de deux ans d’inéligibilité avec sursis. Nicolas Bay, eurodéputé et ancien secrétaire général du Front national, a également été condamné à un an de prison avec sursis, 5.000 euros d’amende et deux ans d’inéligibilité avec sursis. Bruno Gollnisch, ex-eurodéputé, fidèle de Jean-Marie Le Pen, a été condamné par la cour d’appel à trois ans de prison avec sursis et une amende de 25 000 euros et une peine d’inéligibilité de trois ans.
Fernand Le Rachinel, ancien eurodéputé, a été condamné à deux ans de prison avec sursis et 15.000 euros d’amende pour détournement de fonds publics. La cour d’appel a toutefois annulé la peine d’un an d’inéligibilité prononcée en première instance. Nicolas Crochet, expert-comptable du RN, a quant à lui été condamné à trois ans de prison avec sursis, 70.000 euros d’amende et trois ans d’inéligibilité.
Wallerand de Saint-Just, ancien trésorier du RN, a été condamné à trois ans de prison avec sursis, 50.000 euros d’amende et un an d’inéligibilité. Timothée Houssin, ancien assistant parlementaire, écope d’un an d’inéligibilité avec sursis. Julien Odoul, député de l’Yonne et ancien assistant parlementaire, a été condamné à huit mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité avec sursis. Catherine Griset, eurodéputée et ancienne assistante parlementaire proche de Marine Le Pen, a été condamnée à un an de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité avec sursis. Enfin, Guillaume L’Huillier, ex-assistant parlementaire, a été condamné à un an de prison avec sursis et à une inéligibilité de deux ans avec sursis.