Le défenseur des enfants a d’abord été saisi par le conseil d’administration d’une école du Brabant wallon pour des suspicions de faits de mœurs avant d’être informé par les parents d’un élève bruxellois, pour le même type de faits. Le parquet du Luxembourg a confirmé l’ouverture d’une instruction judiciaire, ouverte courant l’été 2025, pour atteinte à l’intégrité sexuelle sur mineur,

L’enquête de la RTBF consacrée à l’école de Clerheid a bien été diffuséeUne petite ASBL familiale

Dans la foulée, en avril 2026, l’émission #Investigation de la RTBF revenait sur les soupçons qui visaient, en fait, le fondateur de l’École Clerheid. L’enquête relayait des témoignages de parents, d’enseignants et d’anciens pensionnaires du lieu évoquant des comportements jugés problématiques dans ses relations avec les (jeunes) enfants.

L’intéressé nie fermement les accusations dont il fait l’objet et dit collaborer pleinement avec la justice. Il ne participe plus aux activités et n’est plus présent sur le site. L’équipe d’animation de Clerheid maintient de son côté sa confiance pleine et entière envers son fondateur. Il s’agit d’une petite ASBL familiale : c’est la fille de l’intéressé qui organise les activités en cours.

Mais certaines familles n’admettent pas que les stages se poursuivent à Erezée. Des parents ont lancé une pétition exigeant la fermeture provisoire du centre « pendant toute la durée de l’enquête ». Elle a déjà recueilli plus de 6 500 signatures.

L’instruction est toujours en cours

Mardi, à treize heures, à l’initiative de Mouv’Enfants (un mouvement français de lutte contre les violences), une action symbolique a été organisée devant l’École de Clerheid, en collaboration avec des associations belges (Ensemble contre l’inceste, Patouche et le Collectif des parents protecteurs) pour réclamer également la fermeture du centre tant que l’affaire n’a pas été jugée.

Contacté par nos soins, le cabinet de la ministre Valérie Lescrenier rappelle que la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) a déposé plainte avec constitution de partie civile; ce qui lui permet de suivre l’évolution de la procédure et de défendre l’intérêt général ainsi que les intérêts des enfants concernés. L’instruction est toujours en cours. Il n’appartient donc pas à la FWB de décider de mesures judiciaires à l’encontre de la personne visée par les plaintes, précise-t-il.

Des accusations graves de faits de maltraitance commis sur des petits enfants de maternelle secouent une école communale du Brabant wallonÉcarté de la totalité des activités

L’inspection a été mobilisée pour vérifier si le centre de Clerheid continuait à respecter les conditions liées à son agrément (modalités d’encadrement, organisation des activités…) ainsi que les mesures prises pour éviter tout contact entre le fondateur et les enfants accueillis.

Aucun manquement n’a été observé dans le rapport d’inspection : l’École de Clerheid respecte toujours les missions et les conditions prévues par le décret relatif aux centres de jeunes. « La personne visée par l’instruction a par ailleurs été écartée de la totalité des activités avec les enfants », confirme le cabinet Lescrenier.

En l’état, la Fédération Wallonie-Bruxelles ne dispose donc pas de fondement légal permettant de suspendre ou de retirer l’agrément du centre. Le maintien des activités ne signifie pas que le dossier est clos; le suivi administratif se poursuit parallèlement à l’instruction judiciaire, ajoute le cabinet. La ministre Lescrenier sera particulièrement attentive aux conclusions.